
Les deepfakes sexuels de Grok au cœur de la convocation d’Elon Musk par la justice française
Le propriétaire de la plateforme X, Elon Musk, est convoqué devant la justice française dans le cadre d’une enquête concernant l’algorithme de son réseau social et son IA, Grok, accusée de négationnisme et de création d’images pornographiques sans consentement. Cette convocation a été annoncée pour une période allant du 20 au 24 avril 2026.
L’enquête a été initialement lancée suite à des signalements des députés Éric Bothorel (Renaissance) et Arthur Delaporte (Parti socialiste) le 12 janvier 2025, qui dénonçaient une « réduction de la diversité des voix » sur le réseau depuis le rachat par Musk. Ils considéraient cela comme une « menace pour nos démocraties » et suspectaient des ingérences étrangères via des manipulations algorithmiques.
Rapidement, l’enquête s’est élargie à d’autres dérives, notamment des délits de contestation de crime contre l’humanité, après qu’un post de Grok ait nié la Shoah. Le scandale des deepfakes sexuels a également émergé, avec des images créées par l’IA à caractère pornographique, dont certaines représentant des enfants.
À la fin décembre 2025, une mise à jour de Grok a permis aux utilisateurs de modifier des images, ce qui a conduit à la création de trois millions d’images sexuelles en seulement dix jours, selon l’ONG Center for Countering Digital Hate. Grok a ainsi généré environ 190 images par minute, et près de 23 000 images pédopornographiques ont été produites.
Face à ce scandale, plusieurs pays, dont la France et le Royaume-Uni, ont ouvert des enquêtes, et certains, comme l’Indonésie et la Malaisie, ont temporairement suspendu l’accès à Grok. En réponse, Musk a d’abord limité la fonctionnalité aux comptes payants avant de l’interdire complètement dans les pays où cela est illégal. Le 14 janvier 2026, X a annoncé des mesures techniques pour empêcher la modification d’images de personnes en tenues suggestives.
Malgré une réduction notable des fausses images sexuelles sur la plateforme, des cas continuent d’être signalés. NBC News a rapporté la découverte de plusieurs dizaines de deepfakes entre mars et avril 2026, incitant X à réaffirmer son engagement à interdire les deepfakes explicites sans consentement.
Cette situation soulève des questions importantes sur la responsabilité des plateformes numériques face à l’utilisation malveillante de leurs technologies.
Source : Franceinfo





