
Climat : L’Assemblée générale de l’ONU adopte une résolution renforçant les obligations des États
L’Assemblée générale de l’ONU a adopté, le 20 mai, une résolution visant à consolider les obligations climatiques des États. Ce texte est considéré comme essentiel par les défenseurs de l’environnement, malgré les concessions obtenues par les grands émetteurs de gaz à effet de serre.
Odo Tevi, ambassadeur du Vanuatu à l’ONU, a souligné avant le vote : « Nous savons que certains préféreraient que cette Assemblée en dise moins, ou qu’elle ne dise rien du tout ». Il a ajouté que cette résolution est cruciale car les dommages causés par le changement climatique sont déjà visibles, notamment pour les îles et les communautés côtières, ainsi que pour celles touchées par la sécheresse et les mauvaises récoltes.
Le texte a été adopté avec 141 voix pour, 8 contre (y compris les États-Unis, Israël, l’Iran, la Russie et l’Arabie saoudite) et 28 abstentions. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a salué cette adoption comme une « puissante proclamation du droit international et de la justice climatique ».
En 2024, l’Assemblée générale, à l’initiative du Vanuatu, avait demandé à la Cour internationale de Justice (CIJ) un avis consultatif sur les responsabilités des États concernant leurs engagements climatiques. L’avis rendu l’été dernier a affirmé que les États qui ne respectent pas leurs obligations climatiques commettent un acte « illicite » et a ouvert la voie à des « réparations » pour les pays affectés.
Vanuatu a proposé une résolution en janvier pour mettre en œuvre cet avis, mais le texte a été modifié au cours des négociations, en raison des intérêts industriels et sécuritaires d’autres États. La résolution reconnait l’importance de l’avis de la CIJ et appelle tous les États à respecter leurs obligations internationales pour protéger le climat.
Elle insiste sur la nécessité de limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, en préconisant une sortie progressive des énergies fossiles, un objectif adopté par près de 200 pays lors d’une réunion à Dubaï en 2023.
Cependant, l’idée d’un « registre international des dommages » pour documenter les préjudices liés au réchauffement climatique a été abandonnée, face aux oppositions des grands émetteurs de gaz à effet de serre. La résolution indique néanmoins qu’un État en violation de ses obligations pourrait être tenu responsable et pourrait être amené à verser des réparations.
Malgré les modifications apportées, ce vote est perçu par certains comme un potentiel tournant en matière de responsabilité climatique. Les défenseurs de l’environnement espèrent que l’idée d’un registre des dommages sera réexaminée dans un rapport futur du secrétaire général de l’ONU.
Source : La Croix.





