« Le problème, c’est la masse » : le surtourisme abime le Piton de la Fournaise

Le problème, c’est la masse

Piton de la Fournaise (La Réunion), reportage

Des déchets de verre, d’aluminium, de plastique, ainsi que des mégots et une multitude de mouchoirs jonchent le chemin rocailleux menant au volcan. Le site du Piton de la Fournaise, après avoir rouvert suite à deux éruptions spectaculaires en début d’année, est envahi par les visiteurs. Avec environ 350 000 personnes par an, le point de vue du pas de Bellecombe-Jacob est le plus fréquenté de l’île. Les traces laissées par les touristes soulèvent des inquiétudes quant à l’équilibre écologique du lieu.

L’éruption de deux mois, qui s’est terminée mi-avril, a attiré une foule de spectateurs, certains bravant les interdits pour se rapprocher des coulées de lave visibles depuis la route des laves. Les vidéos de la lave au contact de l’océan ont circulé massivement sur les réseaux sociaux, incitant encore plus de monde à se rendre sur le site.

Cependant, cette affluence pose des problèmes écologiques majeurs. Selon le Parc national de La Réunion, la principale menace provient des espèces exotiques envahissantes, qui peuvent être introduites accidentellement par les visiteurs. Lorraine Masini-Condon, chargée de mission Fréquentation durable, souligne que cette situation représente « la plus grande menace pour la biodiversité à La Réunion ». La pratique du hors-sentier, plus fréquente au volcan, accroît le risque d’introduction de ces espèces.

Les déchets laissés par les visiteurs attirent également les rats, qui perturbent l’équilibre écologique en prédisant les juvéniles de diverses espèces, y compris les pétrels noirs, une espèce d’oiseaux marins endémiques en danger critique d’extinction.

L’Office national des forêts (ONF) a enregistré une affluence record lors de la première éruption de 2026, avec 3 700 véhicules comptabilisés sur la route menant au volcan, soit le double du nombre habituel. Ce phénomène est exacerbée par l’absence de réglementation efficace concernant les hélicoptères touristiques et les drones, qui perturbent la faune locale.

Les réseaux sociaux ont transformé l’attractivité du volcan, attirant une masse de visiteurs plus large qu’auparavant. Nicolas Villeneuve, ancien directeur de l’Observatoire volcanologique, souligne que l’afflux de voitures a augmenté de 900 % lors de certaines éruptions.

Face à ce constat, l’ONF appelle à une responsabilisation des visiteurs, les incitant à ramasser leurs déchets. L’absence de poubelles sur les parkings vise à encourager cette prise de conscience, mais les déchets continuent de se répandre, compromettant l’intégrité de cet écosystème fragile.

Source : Reporterre

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