Chômage : la France fait des économies sur la formation, le RN applaudit son propre fiasco !
Le fait principal
Le gouvernement français a décidé de couper 527 millions d’euros dans le financement des formations pour les demandeurs d’emploi d’ici 2027, alors même que le chômage est en hausse. Ce coup de rabot budgétaire soulève des interrogations quant à la stratégie de l’exécutif face à la crise de l’emploi.
Ce qui s’est passé
En juillet dernier, les régions ont été informées que l’État n’allouerait plus un seul euro à leur politique de formation pour les chômeurs. Ce nouveau demi-milliard en moins fait suite à une chute continue des dotations, qui étaient de plus d’un milliard d’euros en 2025. Les élus régionaux, comme François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, dénoncent cette décision, la qualifiant d’irresponsable en période de hausse du chômage. Valérie Debord, vice-présidente en charge de l’emploi en Grand Est, n’hésite pas à critiquer le ministre du Travail pour son manque de défense de ce budget.
Le contexte
Depuis 2019, l’État a investi 6 milliards d’euros dans les politiques de formation à travers le Plan d’investissements dans les compétences (Pic). Ce plan, qui visait à former les personnes les plus éloignées du marché du travail, a progressivement perdu de sa vigueur. À partir de 2024, les enveloppes budgétaires ont été réduites, et l’État n’a pas respecté ses engagements financiers. La socio-économiste Carole Tuchszirer souligne une défiance historique de l’État envers les régions, qui complicite cette situation.
Les chiffres à retenir
– 527 millions d’euros : montant des coupes budgétaires pour la formation des demandeurs d’emploi d’ici 2027.- 1 milliard d’euros : montant des dotations en 2025, en chute libre depuis.- 66,9 % : taux d’insertion des personnes ayant suivi une formation qualifiante, contre 51,4 % pour celles qui ne l’ont pas fait.- 12 milliards d’euros : montant total dépensé par les régions entre 2019 et 2023 pour la formation.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une incohérence frappante dans la politique du gouvernement. D’un côté, il préconise la formation pour l’emploi, de l’autre, il sabre les budgets alloués à cet effet. Les régions se retrouvent ainsi dans une impasse, incapables de compenser ces coupes. En se concentrant sur des secteurs en tension, l’exécutif semble oublier que la formation doit aussi être un vecteur d’émancipation, pas seulement un outil de réponse aux besoins immédiats du marché. La promesse d’une formation accessible pour tous, notamment pour les plus vulnérables, est en train de se dissiper, laissant place à une inégalité croissante entre les territoires. La métropolisation menace, exacerbant les disparités sociales et territoriales.
Ce qu’il faut retenir
Le gouvernement français, en réduisant drastiquement le financement de la formation pour les demandeurs d’emploi, risque de creuser encore plus le fossé entre les régions et de renforcer les inégalités. Ce choix budgétaire, en décalage avec la réalité du chômage, illustre une politique qui privilégie la réduction des dépenses au détriment de l’insertion professionnelle. Une stratégie qui pourrait bien se retourner contre ceux qui en sont les architectes.
Source : Artia13
