Cela nous inquiète : Les centres LGBTI+ en première ligne face aux intimidations
Une vague de dégradations ciblant les centres LGBTI+ a été signalée dans plusieurs villes françaises, dont Lyon, Lille, Maubeuge et Le Mans. Depuis six mois, ces établissements, qui accueillent des personnes gays, lesbiennes, bi.es, trans et intersexes, subissent des actes de vandalisme, notamment des tags homophobes, des vitres brisées et des drapeaux aux couleurs de l’arc-en-ciel arrachés. À l’approche de la journée de lutte contre les LGBTphobies, les associations s’inquiètent de cette montée de la violence.
Le centre LGBTI+ Homogène du Mans a été dégradé à trois reprises depuis décembre. Les attaques ont commencé par des autocollants d’extrême droite recouvrant des affiches de prévention contre le suicide des jeunes, suivis de tags de croix celtiques et, plus récemment, de tags homophobes sans revendication politique claire. Des plaintes ont été déposées à chaque incident.
En trente ans d’existence, c’est la première fois que le centre est autant ciblé. Selon son porte-parole, Rémi Rouzies, cette visibilité accrue, due à un déménagement, a pu attirer l’attention des agresseurs. Il souligne que, malgré les risques d’agressions physiques, l’équipe est déterminée à continuer son travail de mobilisation.
Les attaques ont particulièrement choqué les personnes trans et les demandeurs d’asile, qui, ayant fui des persécutions LGBTphobes, ne s’attendaient pas à rencontrer de telles violences en France. Depuis 2016, les actes anti-LGBT+ ont augmenté de 129 %, selon la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah).
Pour Julia Torlet, coprésidente de SOS Homophobie, ces dégradations visent à intimider et à réduire les personnes LGBTI+ au silence. Le rapport 2026 de l’association évoque une libération de la parole hostile, légitimant les actes haineux en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre.
Les réseaux sociaux amplifient cette parole lgbtphobe, où des individus expriment leur soutien aux actes de vandalisme. Rémi Rouzies évoque une inquiétude croissante face à cette tendance, notamment avec l’arrivée de certains partis politiques dans des municipalités.
À Perpignan, par exemple, le centre LGBT+ 66 a perdu sa subvention municipale depuis que la ville est dirigée par le Rassemblement national, qui a également retiré des symboles LGBTI+ de l’espace public.
En dépit d’un plan national 2023-2026 contre la haine et les discriminations LGBT+, une évaluation de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme a révélé que seulement 20 % des mesures prévues ont été mises en œuvre, soulignant un manque de volonté politique.
Ces événements illustrent une crise croissante pour les droits des personnes LGBTI+ en France, avec un besoin urgent d’une réponse gouvernementale plus efficace.
Source : 20 Minutes.




