Climat : la baisse des émissions en France reste « insuffisante » en 2025

Climat : la baisse des émissions en France reste « insuffisante » en 2025

La réduction des gaz à effet de serre de la France s’est limitée à 1,5 % en 2025, largement en dessous du rythme nécessaire à l’atteinte des objectifs climatiques du pays, selon les chiffres actualisés du Citepa (Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique), publiés mercredi 8 avril.

Cette décélération des progrès en matière de lutte contre le changement climatique s’inscrit dans une tendance plus générale parmi plusieurs pays riches, alors que la planète continue à tutoyer des records en matière de chaleur et que la volonté politique en matière d’écologie marque le pas dans plusieurs pays.

Le recul des émissions en France marque un net recul par rapport aux baisses observées en 2022 et 2023, où le rythme était deux à quatre fois plus rapide. « La tendance à la baisse des émissions se maintient, bien qu’à un rythme ralenti », indique le Citepa dans un communiqué, précisant qu’un tel rythme « reste insuffisant » pour l’atteinte des objectifs de la feuille de route climatique de la France (SNBC-3).

Présentée en décembre et toujours en attente de publication officielle, cette nouvelle stratégie climatique ambitionne une baisse des émissions d’environ 4 % par an pour la période 2024-2028, en vue d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

En France, « les reculs sur les politiques publiques de transition écologique se paient cash avec des émissions de gaz à effet de serre qui ont baissé trois fois moins vite que les objectifs climatiques nationaux en 2024 et 2025 », souligne Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau action climat (RAC). Cette dernière juge « déplorable » le bilan « des gouvernements successifs depuis 2024 » et appelle à une « réaction forte » des pouvoirs publics.

Pour 2025, le Citepa estime que le total national des émissions, hors puits de carbone, a atteint 364 millions de tonnes équivalent CO2, soit une baisse de 1,5 % par rapport à 2024. Une précédente estimation, publiée en janvier, faisait état d’un recul de 1,6 % l’an dernier, après une baisse de 1,8 % en 2024.

Alors que la guerre au Moyen-Orient a remis en question la dépendance aux énergies fossiles, la France, comme d’autres pays développés, peine à s’attaquer à des secteurs sensibles comme les transports ou les raffineries. En 2025, le recul des gaz à effet de serre dans les transports n’est que de 1,4 %, alors que ce secteur représente à lui seul 34 % des émissions.

Le secteur qui contribue le plus à la baisse des émissions françaises est celui de l’industrie manufacturière, avec un recul de 3,5 % sous l’effet du repli de certaines activités émettrices et de la diminution de la consommation de combustibles fossiles.

Le ralentissement français fait écho aux chiffres publiés récemment par l’Allemagne, dont la baisse des émissions a stagné l’an dernier, le ministère allemand de l’environnement jugeant les progrès réalisés « trop lents ». Aux États-Unis, les émissions sont reparties à la hausse (+ 2,4 %) en 2025 après deux années de baisse, selon un rapport du Rhodium Group.

Source : Citepa

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