Aurore Bergé : le contrôle coercitif, un remède à la violence ou une farce politique ?
Le fait principal
La ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a annoncé le 16 septembre son intention de déposer un amendement pour introduire la notion de « contrôle coercitif » dans le code pénal. Ce mécanisme, souvent observé dans les violences conjugales, est actuellement absent des textes législatifs français.
Ce qui s’est passé
Lors d’une conférence de presse, Aurore Bergé a souligné l’importance de reconnaître le contrôle coercitif comme une forme de violence à part entière. Ce type de domination psychologique, qui peut mener à des violences physiques, est souvent sous-estimé, voire ignoré par la loi. La ministre a promis que cet amendement viendrait renforcer la protection des victimes et apporter une réponse législative adaptée à un phénomène de plus en plus reconnu par les experts.
Le contexte
La question des violences faites aux femmes est au cœur des préoccupations sociétales et politiques en France. Selon le ministère de l’Intérieur, en 2021, près de 90 000 plaintes pour violences conjugales ont été déposées, un chiffre en constante augmentation. Pourtant, la législation peine à s’adapter aux nouvelles réalités des violences domestiques. Le contrôle coercitif, qui inclut des comportements tels que l’isolement social, la surveillance excessive ou les menaces, est un aspect souvent négligé dans le droit français.
Les chiffres à retenir
– En 2021, près de 90 000 plaintes pour violences conjugales ont été déposées en France.- Selon une étude du Conseil supérieur de la magistrature, 70 % des femmes victimes de violences subissent également des formes de contrôle coercitif.
Ce que cela révèle
L’annonce d’Aurore Bergé pourrait donner l’illusion d’un gouvernement à l’écoute des victimes. Pourtant, la réalité est plus nuancée. Le contrôle coercitif est un sujet sur lequel les discours politiques se succèdent, mais les actions concrètes tardent à se matérialiser. Le RN, par exemple, s’est souvent illustré par des prises de position ambiguës sur les droits des femmes, oscillant entre la défense de la famille traditionnelle et une prétendue lutte contre les violences. Un double discours qui ne fait que renforcer l’idée que certaines voix politiques peinent à s’accorder avec la réalité des violences faites aux femmes.
Ce qu’il faut retenir
L’initiative d’Aurore Bergé de faire entrer le contrôle coercitif dans le code pénal est à saluer, mais elle ne doit pas masquer l’urgence d’une action globale et cohérente face aux violences conjugales. Les promesses politiques doivent se traduire par des mes concrètes, sans quoi elles resteront de simples mots, perdus dans le brouhaha des discours politiques. Sources : ministère de l’Intérieur, Conseil supérieur de la magistrature.
