Attirer des jeunes en leur demandant de payer plus, ça ne fonctionne pas

Lundi 20 avril, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a annoncé que la majorité des étudiants extracommunautaires devront désormais s’acquitter de droits différenciés pour s’inscrire à l’université. Jusqu’à présent, 90% d’entre eux bénéficiaient d’une exonération, mais cette mesure vise à inverser cette tendance.

Actuellement, seuls 10 % des étudiants extracommunautaires paient des droits d’inscription différenciés, instaurés en 2019. Le ministre exige que 90 % des étudiants concernés soient désormais soumis à ces frais, qui s’élèvent à 2 895 euros pour une année de licence et 3 941 euros en master. Cette décision ne rencontre pas l’adhésion des syndicats étudiants, qui soulignent que les étudiants extracommunautaires font déjà face à des obstacles accrus pour accéder aux études en France.

Valentin Enclos, président du Bureau des associations franc-comtoises (BAF), exprime son opposition : « Nous sommes pour des droits égaux pour tous. Cette mesure va à l’encontre de ce principe et va restreindre encore plus l’accès à l’éducation pour ces étudiants. »

Le ministre justifie cette décision par la nécessité d’attirer de nouveaux talents, notamment dans des secteurs tels que le numérique, l’intelligence artificielle, et les biotechnologies. Cependant, Enclos conteste que faire payer plus pour accéder à l’enseignement supérieur soit une solution viable. Selon lui, « attirer des jeunes en leur demandant de payer plus, cela ne fonctionne pas. Ce qui compte, c’est la qualité de l’enseignement. »

Philippe Baptiste cite l’exemple de la Grande-Bretagne, où les frais de scolarité élevés n’ont pas empêché une augmentation de 60 % du nombre d’étudiants en dix ans. Il affirme également que cette mesure pourrait générer environ 250 millions d’euros chaque année pour les universités, sans préciser si ce montant est global ou par établissement.

En Franche-Comté, l’université Marie et Louis Pasteur a indiqué qu’elle respecterait le plafond des 10 % d’étudiants internationaux exonérés, mais attend des directives supplémentaires du ministère avant de commenter davantage.

Cette initiative soulève des questions sur l’attractivité des universités françaises et sur les répercussions potentielles sur l’accès à l’éducation pour les étudiants internationaux.

Source : Le Parisien

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