
Travail le 1er-Mai : Report de la proposition de loi
Le 1er-Mai restera « férié, chômé et payé » cette année. La proposition de loi visant à autoriser le travail volontaire ce jour-là pour certains commerces de proximité, tels que les fleuristes et les boulangeries, a été reportée « sine die » par le gouvernement.
Cette décision survient après des débats au sein de l’Assemblée nationale, où le texte, porté par Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République, a mis en lumière les divisions croissantes au sein de la chambre. L’initiative, soutenue par une partie de la droite, a rencontré une forte opposition de la gauche, notamment de Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, qui y voit une tentative de « voler le 1er mai arraché par les luttes et dans le sang ».
Face à la fronde des syndicats majoritairement opposés au projet, le Premier ministre Sébastien Lecornu a renoncé à imposer le texte par la force, optant plutôt pour la convocation d’une commission mixte paritaire. Actuellement, le 1er-Mai est le seul jour férié en France où le travail est obligatoirement chômé et payé. Bien que le code du travail permette aux boulangers et fleuristes d’ouvrir ce jour-là, ils doivent le faire sans personnel supplémentaire sous peine d’amendes (750 € par employé, 1 500 € si mineur).
Le gouvernement souhaite poursuivre un « dialogue social approfondi » sur les activités et commerces concernés par un travail le 1er Mai. Sébastien Lecornu a indiqué que des propositions « de court et moyen terme » seraient présentées et que les professions concernées seraient reçues à Matignon.
Gabriel Attal a exprimé sa déception face à ce report, estimant qu’il pénalise « l’ensemble des artisans boulangers et fleuristes ». Il a souligné que des grandes surfaces peuvent ouvrir le 1er mai, mais pas les petits commerçants indépendants.
Cette situation s’inscrit dans une semaine chargée à l’Assemblée, où d’autres sujets sensibles, comme la suppression des zones à faible émission (ZFE) et la « loi Yadan » contre l’antisémitisme, seront également débattus.
D’après les données du ministère de l’Intérieur, 887 actes antisémites ont été recensés en France durant le premier semestre 2024, soit environ trois fois plus que durant la même période l’année précédente. La « loi Yadan » vise à lutter contre l’antisémitisme en introduisant de nouveaux délits.
La semaine à l’Assemblée nationale s’annonce donc particulièrement volatile, avec des tensions visibles entre les différents groupes politiques.
Source : Euronews





