
Artémis 2 : Observation de la Face Cachée de la Lune
Le vaisseau Orion a survolé la face cachée de la Lune à une altitude de 6 540 kilomètres, offrant aux astronautes de la mission Artémis 2—Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen—une occasion unique d’observer un paysage encore jamais vu par l’homme. Lors de cette mission, qui a eu lieu le 6 avril, l’équipage a passé sept heures à explorer cette partie de la Lune. Christina Koch a déclaré : « Ce n’était pas la Lune à laquelle nous sommes habitués. »
Cette observation marque une avancée significative dans l’exploration lunaire, la face cachée étant restée inaccessible pendant la majeure partie de l’histoire. La Lune est soumise à un « verrouillage gravitationnel », ce qui signifie qu’un côté est toujours tourné vers la Terre, tandis que l’autre reste invisible. Contrairement à une idée reçue, la face cachée reçoit autant de lumière solaire que la face visible.
Le 7 octobre 1959, la sonde soviétique Luna 3 avait transmis les premières images de la face cachée, révélant des formations géologiques inconnues. En 1968, l’astronaute William Anders, à bord d’Apollo 8, avait décrit cette partie de la Lune comme « un tas de sable avec lequel mes enfants ont joué autrefois. »
La face cachée se distingue de la face visible par son relief plus accidenté et la présence du bassin Pôle Sud-Aitken, qui mesure 2 400 kilomètres de diamètre et 12 kilomètres de profondeur. Des études ultérieures ont révélé que la croûte de la face cachée est plus épaisse, ce qui a empêché les épanchements de lave qui ont formé les « mers » lunaires sur la face visible.
Artémis 2 a permis d’acquérir des données inédites. L’équipage a observé des cratères récents d’une luminosité remarquable, ainsi que des teintes variées à la surface, suggérant une composition minéralogique particulière. Au pôle Sud, des dénivelés impressionnants ont été notés, où la NASA envisage d’établir une base future.
L’intégralité des images collectées sera analysée après l’amerrissage prévu le 10 avril au large de San Diego. Cette mission a confirmé l’importance de l’observation humaine dans l’exploration spatiale, alors que la recherche se poursuivra avec Artémis 3, qui doit poser des astronautes sur le sol lunaire.
Source : La Croix.





