Après le rejet du traité, Karl Olive souligne la solidité des liens franco-espagnols
Au lendemain du rejet par le Sénat espagnol du traité d’amitié et de coopération avec la France, le député Karl Olive écarte l’idée d’une défaite diplomatique d’Emmanuel Macron. Dans un entretien publié le 1er octobre 2026, il présente ce vote comme un revers pour le texte, survenu dans un contexte de forte confrontation politique en Espagne, mais qui ne résume pas les relations entre les deux pays.
Un rejet intervenu à la dernière étape
Signé à Barcelone en 2023 par Emmanuel Macron et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, le traité a suivi plusieurs étapes parlementaires. Selon Karl Olive, la France a achevé sa procédure de ratification en 2025, puis le Congrès des députés espagnol a autorisé le texte en juin 2026. Le Sénat espagnol a bloqué la ratification le 29 septembre.
Le député, qui préside depuis 2024 le groupe d’amitié France-Espagne à l’Assemblée nationale, juge excessif de parler d’un rejet de la France par l’Espagne. Il estime que le vote s’inscrit dans une période de polarisation politique intérieure, alors que de nouvelles élections sont attendues dans les deux pays au printemps prochain. Il rappelle également que le texte avait été jugé conforme à la Constitution espagnole.
Un cadre pour une coopération déjà engagée
Le traité entend structurer les relations bilatérales dans la durée. Il prévoit notamment un sommet annuel, un dialogue politique régulier et une feuille de route pluriannuelle. Les domaines concernés vont de la politique étrangère et de la défense à la justice, la sécurité, l’économie, l’éducation, la culture et la jeunesse, avec une attention portée aux relations transfrontalières dans les Pyrénées.
Le texte vise aussi à encourager les échanges éducatifs et la mobilité des jeunes, notamment dans le cadre du programme Erasmus+. Pour Karl Olive, ces dispositions formalisent une coopération qui existe déjà, plutôt qu’elles ne créent à elles seules les liens entre les deux pays.
Il met en avant l’importance des échanges économiques et humains. En 2024, le commerce de biens entre la France et l’Espagne a atteint 91,4 milliards d’euros. La France est le premier client de l’Espagne, tandis que l’Espagne est le quatrième client de la France. En matière de tourisme, près de 12,8 millions de Français se sont rendus en Espagne en 2025. La France a, de son côté, accueilli un peu plus de 8 millions de séjours de touristes espagnols, représentant environ 30 millions de nuitées.
Traité et crise de Ceuta : deux sujets distincts
Interrogé sur la crise migratoire de Ceuta et les critiques adressées au gouvernement espagnol, Karl Olive distingue ce dossier de la ratification du traité. « Approuver un traité bilatéral ne signifie pas approuver la gestion de la crise de Ceuta », affirme-t-il dans l’entretien.
Il indique que les critiques portent notamment sur l’anticipation, la coordination et la réponse apportée à la crise. Des allégations de mauvais traitements font, selon lui, l’objet d’une enquête et doivent être éclaircies. Il souligne que le traité prévoit une coopération sur la gestion des migrations, le contrôle des frontières extérieures et la lutte contre l’immigration irrégulière et les réseaux de passeurs, sans exonérer les gouvernements de leurs responsabilités.
Karl Olive inscrit par ailleurs l’accord dans une démarche européenne plus large, aux côtés des partenariats français avec l’Allemagne et l’Italie. Il défend une coopération destinée, selon lui, à renforcer la sécurité et à protéger les entreprises et les institutions, tout en maintenant la souveraineté de chaque pays.
Une issue parlementaire encore possible
Le rejet du Sénat ne mettrait pas nécessairement fin à la procédure. D’après Karl Olive, une commission mixte réunissant des représentants des deux chambres pourrait rechercher un compromis. Le texte serait ensuite soumis au Congrès et au Sénat ; en l’absence d’accord, le Congrès pourrait trancher à la majorité absolue. Le député estime que ces étapes pourraient intervenir après les prochaines élections.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : leJDD
