Nouvelle-Calédonie : Air Calédonie engage une procédure collective, après un mois de blocage de plusieurs aérodromes

Nouvelle-Calédonie : Air Calédonie engage une procédure collective après un mois de blocage des aérodromes

La compagnie aérienne Air Calédonie, paralysée depuis près d’un mois par le blocage de plusieurs aérodromes de Nouvelle-Calédonie, a annoncé, vendredi 27 mars, engager une procédure collective. « La situation financière de la compagnie n’est plus tenable » et le conseil d’administration a décidé « à l’unanimité » d’entamer cette procédure collective auprès du tribunal de commerce, selon un communiqué de la compagnie.

Le placement en procédure de sauvegarde doit permettre de geler les dettes et d’élaborer un plan de redressement. Toutefois, la poursuite de l’activité reste conditionnée à la réouverture des aérodromes et au soutien financier des actionnaires durant la période d’observation. Depuis le 2 mars, les aérodromes des îles Loyauté et de l’île des Pins sont bloqués par des collectifs d’usagers opposés au transfert des activités de la compagnie vers l’aéroport international de La Tontouta, situé à environ quarante kilomètres de Nouméa. L’entreprise, qui emploie 220 salariés (la moitié étaient en chômage partiel à la mi-mars), opérait jusqu’ici de l’aérodrome de Magenta, au cœur de la capitale calédonienne.

Le transfert vers La Tontouta devait permettre d’économiser environ 4 millions d’euros par an et d’attirer une clientèle internationale plus large, selon la direction de la compagnie. Cependant, les usagers des îles, très dépendants de cette liaison aérienne, dénoncent un doublement du temps de trajet et une augmentation des tarifs. Le collectif de l’île des Pins a toutefois décidé, vendredi, de lever le blocage.

Air Calédonie, essentielle pour la continuité territoriale de l’archipel, traverse depuis plusieurs années des difficultés financières importantes. La compagnie aurait besoin de transporter environ 300 000 passagers par an pour atteindre l’équilibre, mais n’en a acheminé que 180 000 en 2025. Cette chute de fréquentation a été amorcée lors de la crise sanitaire et aggravée par des violences survenues en 2024, plongeant le territoire dans une crise économique durable. Malgré la vente d’un avion et la réduction de 38 % de ses effectifs, les mesures d’économie n’ont pas suffi à redresser les comptes.

Source : Le Monde avec AFP

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