Alcool et amende : le maire qui veut facturer le dégrisement aux ivrognes, un vrai coup de génie !
Le fait principal
À partir du 1ᵉʳ octobre, le maire RN de Carpentras, Hervé de Lépinau, imposera des frais de 120 euros aux personnes en état d’ébriété sur la voie publique, afin de « couvrir le coût de leur transport » en cellule de dégrisement. Une me qui ne manquera pas de susciter des débats houleux.
Ce qui s’est passé
Ce nouvel arrêté, qui s’ajoute à la contravention nationale de 150 euros pour ivresse sur la voie publique, a été voté lors du conseil municipal du 17 septembre. De Lépinau, avocat de formation, justifie cette initiative en citant l’article L3341-1 du code de la santé publique. Selon lui, il ne fait que « mettre en application la loi ». Mais derrière cette façade légale, se cache une réalité inquiétante : les personnes alcoolisées sont désormais considérées comme des clients à facturer.
Le contexte
La me s’inscrit dans un contexte de recrudescence des comportements liés à l’alcool dans la ville. Selon le maire, le nombre de « voyageurs » en état d’ébriété a presque doublé en un an, atteignant 84 l’année dernière. De Lépinau évoque également les coûts liés à l’intervention policière, allant jusqu’à mentionner le « vomi à nettoyer » dans les voitures de police, un argument pour le moins. peu élégant.
Les chiffres à retenir
- Frais imposés : 120 euros pour le transport des personnes alcoolisées.
- Contravention nationale : 150 euros pour ivresse sur la voie publique.
- Nombre de personnes raccompagnées l’an dernier : 84, un chiffre en forte augmentation.
Ce que cela révèle
Cette initiative, loin d’être une simple question de santé publique, soulève des interrogations sur le ciblage social des plus précaires. Les oppositions, comme Pauline Cittadini et Francis Adolphe, dénoncent un « effet d’affichage » qui vise à ostraciser les SDF et les personnes en situation de vulnérabilité. « 90% des pauvres gens en état d’ivresse seront incapables de payer », prédit Adolphe, révélant ainsi l’absurdité d’une telle me qui prétend « protéger » tout en punissant les plus démunis.
Dans cette logique, le maire se défend d’instaurer un « arrêté de mendicité déguisé » tout en reconnaissant que ces personnes « constituent un danger pour elles-mêmes ou pour des tiers ». Un double discours qui ne manquera pas de faire sourire, tant il est difficile de concilier protection et répression.
Ce qu’il faut retenir
À Carpentras, le RN semble avoir trouvé une nouvelle façon de « nettoyer » la ville : en faisant payer les plus vulnérables pour leurs erreurs. Une me qui, sous couvert de légalité, révèle une vision profondément punitive et peu empathique vis-à-vis des réalités sociales. À quand le tarif spécial pour les « voyageurs » de l’alcool ?
Sources : France 3 Provence-Alpes
