
À Wissous, la démocratie confisquée pour un data center dédié à Amazon
Le 19 mars 2026, la cour administrative d’appel de Versailles tiendra une audience cruciale concernant un projet de centre de données à Wissous, dans l’Essonne. Ce cas oppose l’association Wissous-notre-ville, France Nature Environnement (FNE) Île-de-France et Data for Good à la société américaine CyrusOne, qui a pour but de transformer un entrepôt en centre de données, notamment pour Amazon.
Ce projet est emblématique des tensions entre les citoyens et les grandes entreprises technologiques. CyrusOne aurait divisé son projet en phases distinctes pour éviter un débat public et les obligations de transparence exigées pour les grands projets classés ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement). La première phase a été obtenue sans consultation publique, en raison de la « petite » taille déclarée du projet, masquant ainsi l’ampleur réelle de l’initiative.
La France fait face à une demande croissante en matière de centres de données. Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, a récemment annoncé que la puissance électrique requise pour ces projets s’élève à 28,6 GW, équivalente à environ la moitié du parc nucléaire installé en France. Ce déploiement massif, souvent non-européen, suscite des inquiétudes parmi les communes et les citoyens qui s’opposent à ces installations.
Les impacts de ces centres de données sont significatifs. En 2024, ces infrastructures représentaient déjà 2,2 % de la consommation électrique totale du pays, et selon un rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), cette consommation pourrait être multipliée par 3,7 d’ici 2035. Ce développement pourrait engendrer des conflits d’usage avec d’autres secteurs, notamment l’agriculture et les besoins domestiques.
Le projet de Wissous met également en lumière un manque de transparence. Philippe de Fruyt, président de l’association Wissous-notre-ville, souligne que l’implantation de ce centre de données, qui ne générera que peu d’emplois et de revenus fiscaux pour la commune, est préoccupante pour les habitants.
Les débats autour de ce projet s’inscrivent dans un contexte politique plus large où des mesures de dérégulation des protections environnementales et démocratiques sont envisagées au nom de la souveraineté nationale. Cela soulève des questions sur l’équilibre entre le développement technologique et la préservation des droits et intérêts des citoyens.
Source : Communiqué de presse FNE Île-de-France, 18 mars 2026.



