
À Valence, Marion Maréchal devant la justice pour diffamation
L’eurodéputée Marion Maréchal sera jugée par le tribunal correctionnel de Valence, jeudi 16 octobre. Elle est accusée de diffamation par l’association « Valeurs et Réussite » suite à des propos tenus sur CNews en octobre 2023.
Les faits remontent au 2 octobre 2023. Invitée sur le plateau de CNews, Marion Maréchal, vice-présidente du parti Reconquête, a évoqué la ville de Valence dans le cadre d’une discussion sur une éventuelle union des droites. Elle a déclaré : « Valence (…) c’est l’incarnation de la compromission d’une partie de la droite avec l’islamisme. À Valence, vous avez un maire qui est allé parler, faire de la politique dans la mosquée tenue par les Frères musulmans. À Valence vous avez un maire qui a tenté de vendre un terrain à une association des Frères musulmans, (…) un courant islamiste qui a le même objectif qu’Al-Qaida et Daech – c’est-à-dire imposer la charia dans le monde –, sauf qu’il le fait par la non-violence et l’infiltration. »
Bien que l’association « Valeurs et Réussite » ne soit pas nommée explicitement, son président, Mourad Jabri, estime que les accusations la visent directement. Il a qualifié ces propos de « graves » et a affirmé qu’ils n’ont « aucun sens », ajoutant qu’il s’agit d’un « calcul politique de bas niveau » qui nuit à la cohésion sociale.
La situation s’inscrit dans un contexte plus large. En juillet 2022, un article de « Charlie Hebdo » avait suggéré des liens entre l’association et les Frères musulmans, des allégations qui avaient été rapidement contestées. L’association avait alors porté plainte contre le journal, qui avait été condamné en première instance. Cette décision a été annulée par la Cour d’appel de Grenoble, et l’association a fait appel.
L’avocat de l’association, Maître Jean-Yves Dupriez, a déclaré que Marion Maréchal était probablement au courant des critiques entourant l’article de « Charlie Hebdo », et a affirmé que ses déclarations étaient motivées par une volonté polémique. De l’autre côté, Pierre-Vincent Lambert, l’avocat de Marion Maréchal, a exprimé sa confiance, citant la jurisprudence de l’affaire « Charlie Hebdo » comme référence.
Si Marion Maréchal est reconnue coupable, elle risque une amende pouvant aller jusqu’à 12 000 euros.
Source : France 3 Régions



