À Liège, le conseil communal a confirmé l’ordonnance qui avait interdit les rassemblements de plus de trois personnes du 8 au 16 octobre. Le bourgmestre Willy Demeyer a défendu cette mesure face aux violences survenues dans la ville, tandis que plusieurs élus ont demandé des explications sur les interventions policières et les revendications des jeunes.

Une mesure jugée efficace par le bourgmestre

Willy Demeyer a présenté l’interdiction comme une réponse « proportionnelle et graduelle » à des violences croissantes, qui avaient culminé avec des scènes d’émeutes et de pillage. Selon lui, elle visait à empêcher la formation de rassemblements de plusieurs centaines de personnes. Il a estimé que cet objectif avait été atteint.
Le bourgmestre a toutefois reconnu que des personnes étrangères aux troubles avaient pu être touchées. Il s’est engagé à recevoir celles qui contestent les conditions de leur interpellation, tout en assumant les décisions prises. Il a également admis que les confrontations avec la police pouvaient être traumatisantes.
Des dégâts et des questions sur les interventions
Le bilan présenté fait état de 200.000 euros de dégâts au mobilier communal, soit l’équivalent du budget annuel consacré à ce poste. Ce montant ne comprend pas les dommages aux équipements de JCDecaux et de Letec. Dix véhicules de police ont également été endommagés.
Caroline Saal, cheffe de groupe Vert Ardent, a relayé des témoignages faisant état de pratiques policières abusives. Elle a notamment questionné l’usage des gaz lacrymogènes et des autopompes, ainsi que leurs conséquences possibles pour les mineurs et les passants. Elle a aussi demandé la création d’un guichet unique pour aider les commerces touchés.
Le conseiller communal PS+ François Schreuer a, de son côté, réclamé des éclaircissements sur plusieurs faits rapportés : des parents de mineurs arrêtés qui n’auraient pas été informés, des refus d’accès à un médecin et de possibles contrôles au faciès. Ces éléments ont été présentés comme des questions soulevées durant les débats, et non comme des faits établis.
Les revendications des jeunes au cœur du débat
Sophie Lecron, cheffe de groupe PTB, a jugé insuffisantes les réponses politiques aux demandes des jeunes, notamment sur les transports en commun, et appelé à les écouter. François Schreuer a également insisté sur les revendications étudiantes et sur les préoccupations liées à l’accès aux études, au logement et aux services publics. Il a estimé que les violences ne devaient pas empêcher le dialogue.
Diana Nikolic, cheffe de groupe MR, a exprimé son soutien au bourgmestre et aux forces de l’ordre. À l’issue des échanges, l’ordonnance a été confirmée par 28 voix pour, 14 contre et une abstention. La mesure étant limitée à la période du 8 au 16 octobre, elle n’est désormais plus en vigueur.
Source : Lalibre.be – POLITIQUE-BELGE (www.lalibre.be)
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