La Nouvelle-Calédonie pourrait se rapprocher des chaînes de production européennes du nickel, notamment dans le secteur des batteries. En visite dans l’archipel, Stéphane Séjourné a défendu lundi 19 octobre un partenariat avec l’Union européenne, dont le mémorandum doit être signé le lendemain. Le projet suscite l’opposition des indépendantistes, qui dénoncent l’absence de consultation des élus du Congrès.

Un partenariat pour diversifier les approvisionnements européens

Devant le Congrès calédonien, le vice-président exécutif de la Commission européenne a présenté l’archipel comme un possible « pilier » de la diversification des sources d’approvisionnement de l’UE en matières premières critiques. L’objectif est de rapprocher les producteurs locaux des filières européennes, en particulier de celles liées aux batteries.
Stéphane Séjourné a assuré que le mémorandum serait non exclusif et ne modifierait pas la gestion des ressources par la Nouvelle-Calédonie. Il a également indiqué que des accords de même nature concernaient déjà 15 autres pays.
Bruxelles a par ailleurs engagé près de 32 millions d’euros depuis 2023 pour accompagner la transition énergétique de l’archipel, selon le responsable européen. Parmi les projets évoqués figure une station de transfert d’énergie par pompage à Tontouta, estimée à 400 millions d’euros. Un pôle de maintenance et de formation aéronautique ainsi que des câbles sous-marins dans le Pacifique sont également à l’étude. Un programme européen de cinq millions d’euros devrait être mis en place d’ici au premier trimestre 2027.
Une filière en quête de solutions
Le rapprochement avec l’UE intervient alors que l’industrie locale cherche à maintenir ses activités. L’usine Koniambo Nickel SAS (KNS), dans le Nord, est à l’arrêt depuis 2024. Son actionnaire Glencore, qui détient 49 % du capital aux côtés de la Société minière du Sud Pacifique (SMSP), contrôlée par la province Nord, doit être remplacé. Plusieurs groupes chinois figurent parmi les candidats à sa succession.
La perspective d’une arrivée d’investisseurs chinois est toutefois contestée par le président de la République. Le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou a rapporté le 14 octobre qu’Emmanuel Macron lui avait exprimé son opposition à l’entrée d’intérêts capitalistes chinois dans KNS. Le député loyaliste Nicolas Metzdorf avait déjà fait état de cette position début septembre.
Le mémorandum européen ne constitue pas une promesse de financement des entreprises, a prévenu Alcide Ponga, membre du gouvernement calédonien chargé du nickel. Il estime que l’accord peut fournir un cadre de travail supplémentaire pour rapprocher les projets locaux d’éventuels investisseurs, mais précise qu’il ne vise ni à couvrir les pertes d’exploitation, ni à recapitaliser les usines, ni à remplacer leurs actionnaires.
Guillaume Kurek, directeur général de la Société Le Nickel (SLN), considère pour sa part l’intérêt européen comme une possibilité de mieux valoriser le potentiel minier de l’archipel. La SLN est la seule entreprise à vendre du nickel calédonien en Europe, où elle écoule un peu moins de 10 % de sa production.
Le boycott des indépendantistes
Le groupe Kanaky NC a boycotté la séance du Congrès consacrée à la visite de Stéphane Séjourné. Dans un communiqué, il a critiqué une signature préparée sans consultation préalable des élus et demandé que la stratégie nickel soit définie localement, avec les provinces, le Congrès, les autorités coutumières, les opérateurs et l’État.
Les loyalistes ont, à l’inverse, salué une « main tendue » de l’Europe. Vaimu’a Muliava, membre d’Éveil océanique, a estimé que le mémorandum n’engageait pas les parties, mais pouvait ouvrir la voie à l’élaboration d’une convention.
Sur le volet industriel, l’État français a annoncé le 12 octobre une forte hausse de sa participation dans Eramet, groupe minier et métallurgique présent en Nouvelle-Calédonie. Il détenait un peu plus de 27 % du capital fin 2025 et ne prévoit pas de dépasser le seuil de 50 %.
Source : Politique française : actualités, podcasts, vidéos et analyses – RFI (www.rfi.fr)
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Auteur : RFI avec AFP







