
Carcassonne : Des syndicats protestent contre le maire RN après un délogement annoncé
Environ 200 syndicalistes se sont rassemblés, mercredi 13 mai, devant la Bourse du travail de Carcassonne. Ce bâtiment municipal est ciblé par le maire de la préfecture de l’Aude, Christophe Barthès (Rassemblement national, RN), qui souhaite déloger plusieurs organisations syndicales critiques à son encontre, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse.
Le 30 avril, après une manifestation contre ses premières mesures, Christophe Barthès, élu en mars à la tête de cette ville de 50 000 habitants, a demandé à la CGT, la FSU, SUD et la CFDT de restituer les bureaux qu’elles occupent gratuitement. Il a déclaré que ces syndicats avaient « profité pendant trop longtemps des largesses des contribuables ».
Patrick Borde, cosecrétaire départemental de la FSU, présent lors du rassemblement, a qualifié l’argument du maire de « honteux » et a dénoncé une « atteinte à la liberté d’expression, de manifester ». Selon lui, ces locaux sont essentiels pour accueillir les salariés du privé et du public.
Christophe Barthès, ancien agriculteur et ex-responsable départemental du syndicat agricole Coordination rurale, a affirmé qu’il respecte la liberté syndicale, mais a ajouté que « profiter des largesses de ceux que l’on dénigre, je regrette, mais c’est terminé ».
Depuis son arrivée à la mairie, Barthès a suscité des controverses, notamment en retirant le drapeau européen de la façade de l’hôtel de ville et en supprimant la subvention municipale à la Ligue des droits de l’homme pour avoir contesté un arrêté antimendicité.
Les syndicats concernés ont l’intention de contester cette décision en justice. Dans une lettre adressée aux ministres de l’intérieur et du travail, ils ont dénoncé ce qu’ils appellent « la mauvaise foi politique » de la municipalité et ont appelé le gouvernement à garantir le respect des libertés syndicales. Ils soulignent que les locaux syndicaux ne doivent pas être considérés comme des locaux municipaux ordinaires, mais comme des lieux historiques d’accueil et de défense des travailleurs.
Source : Le Monde avec AFP




