La ville de 2050 : défis urbains et innovations technologiques en France.
Le troisième colloque organisé par Icade le 15 septembre a mis en lumière les enjeux entourant la ville de 2050, face aux défis du changement climatique. Les intervenants ont débattu de la possibilité que les villes deviennent des refuges, comme le suggère Alexandra Siarri, première adjointe à la ville de Bordeaux, suite à un été particulièrement éprouvant pour la Gironde. En revanche, Sonia Lavadinho, prospectiviste, met en garde contre le risque que ces villes deviennent invivables et désertées.
Un voyage sujet à discussion
Les discussions ont également porté sur la nécessité de choisir entre des solutions idéales et des actions immédiates. Yann Galut, maire de Bourges, a plaidé pour éviter que la climatisation devienne la norme, tandis qu’Antoine Armand, maire d’Annecy, a souligné l’importance de changements rapides pour mobiliser la population. Par ailleurs, avec 800 000 ménages en attente d’un logement social, des questions se posent quant à la nécessité de construire davantage ou d’accepter un déclin, comme l’a suggéré Aziza Akhmouch, cheffe de la division Villes de l’OCDE, en référence aux 47 millions de logements vacants dans l’Union européenne.
Des villes, et non une ville de 2050
Les intervenants ont convenu que les politiques doivent être adaptées aux disparités régionales. Stephan de Faÿ, président d’Uli France, a affirmé qu’une politique homogène n’est pas viable face aux différentes situations. Aziza Akhmouch a noté que 14 des 38 pays de l’OCDE sont prévus pour perdre de la population d’ici 2060, tandis que les grandes villes continuent d’attirer de nouveaux habitants.
Quand le centre-ville concentre l’attention, mais plus la population
Les centres-villes, souvent jugés trop coûteux, doivent être adaptés à la nouvelle réalité climatique. Michaël Delafosse, maire de Montpellier, a souligné l’importance d’un dialogue avec les architectes pour maintenir la viabilité des centres anciens, alors que Sonia Lavadinho a rappelé que 60 % de la population française vit en périphérie.
Une ville de 2050 « déjà là », « réparée »…
Marie-Laure Gadrat a noté que 75 % de la ville de 2050 existe déjà, et Tommaso Vitale, doyen de l’école urbaine de Sciences Po, a précisé que cette ville sera essentiellement « réparée ». Cependant, il a averti que de nombreux réseaux d’infrastructure risquent de se détériorer si des mes ne sont pas prises. Antoine Armand a également signalé que les rénovations scolaires pourraient ne pas être achevées avant 2065-2070.
… et confrontée au défi démographique
La déprise démographique est un défi majeur, avec des alertes soulignant que la France pourrait être confrontée à des difficultés sans en être consciente. Le vieillissement de la population, particulièrement marqué par la « grande bascule des papy-boomers » en 2035, est également un facteur à considérer. Les villes de moins de 500 000 habitants vieillissent plus rapidement que les grandes métropoles.
Intensification et réversibilité des usages
La nécessité d’adapter les logements aux parcours de vie changeants des habitants a été soulignée, avec un appel à penser à l’intensification et à la réversibilité des usages. Sonia Lavadinho a insisté sur l’importance de l’entraide à toutes les échelles pour prévenir l’isolement des seniors.
Face au mur
Les experts ont convenu qu’il est urgent de passer à l’échelle, notamment en Europe, où des retards sont constatés. Olivier Sichel, directeur général du groupe Caisse des Dépôts, a appelé à l’innovation et à l’expérimentation pour relever ces défis, tout en soulignant l’importance d’agir rapidement.
