Gabriel Attal en campagne : respect de la loi Evin contesté après un clip avec un verre.
Le vrai du faux : Gabriel Attal respecte-t-il la loi Evin en trinquant avec un verre dans un clip de campagne ?
Gabriel Attal, ministre et candidat à la présidentielle, a récemment suscité des débats en apparaissant avec un verre dans un clip de campagne pour promouvoir l’opération « 1000 bistrots ». Dans cette vidéo, il souligne l’importance de la convivialité et du débat en affirmant : « Une campagne présidentielle, c’est des grands meetings, mais je veux aussi que ce soit des grands moments comme celui-là, une table, un verre, des discussions en toute simplicité. »
Cependant, cette communication a été critiquée par plusieurs associations de prévention de l’alcoolisme. Addictions France a notamment dénoncé le fait que le clip contrevient à la loi Evin de 1991, qui interdit la publicité, directe ou indirecte, en faveur des boissons alcooliques. Dans le clip, une marque est visible sur le verre que Gabriel Attal brandit, ce qui, selon le président d’honneur d’Addictions France, Bernard Basset, constituerait une violation des règles sur la promotion des boissons alcooliques.
Mickaël Naassila, président de la Société française d’addictologie, a également exprimé des inquiétudes, soulignant que l’association entre l’alcool et la convivialité véhiculée dans le clip n’est pas un message approprié, surtout en période électorale. De plus, le clip ne comprend pas le message obligatoire avertissant que « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ».
En revanche, des experts juridiques estiment qu’un tribunal pourrait ne pas nécessairement trancher contre Gabriel Attal. L’avocat en droit du numérique, Etienne Deshoulières, rappelle qu’une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme de 1992 a élargi la liberté d’expression des personnalités politiques en campagne. Cela soulève des questions sur le respect des lois de santé publique versus la liberté d’expression des candidats.
Ainsi, la situation reste floue et pourrait donner lieu à des débats juridiques intéressants si elle venait à être portée devant les tribunaux.
Source : Addictions France, Société française d’addictologie, Etienne Deshoulières.
