La nébuleuse de la Méduse révèle des vestiges de deux supernovas selon des astronomes.
La nébuleuse de la Méduse révèle des vestiges de deux supernovas
Cela faisait trente ans que la sœur de la Méduse cachait sa véritable identité, mais leur lien vient d’être précisé grâce à un faisceau de preuves convaincantes. La nébuleuse de la Méduse (IC 443) est l’un des vestiges de supernovas les plus étudiés. Ce nuage de gaz et de poussière, éjecté lors de l’explosion d’une étoile en fin de vie, appartient à la famille restreinte de ceux émettant un intense rayonnement gamma. À proximité, G189.6 + 3.3, un objet plus discret découvert en 1994, était considéré comme un possible rémanent de supernova sans confirmation définitive. Les indices accumulés ces dernières années ont corroboré sa nature, jusqu’à ce que Miltiadis Michailidis, de l’université de Stanford, et ses collègues mettent en évidence une connexion avec IC 443.
Les systèmes binaires, où deux étoiles évoluent ensemble, sont fréquents dans l’Univers. Certaines étoiles massives, après avoir fusionné l’hydrogène et l’hélium, finissent par exploser en supernova. Dans un système binaire, il est théoriquement possible que chaque étoile termine sa vie de cette manière, mais aucun cas de double supernova n’avait été formellement établi jusqu’à présent.
Environ 80 % des étoiles massives produisant les supernovas qui nous intéressent évoluent dans des systèmes binaires, selon Marianne Lemoine-Goumard du Laboratoire de physique des deux infinis à Bordeaux. Cependant, détecter deux vestiges de supernovas associés à ces systèmes est complexe. Lors de l’explosion de la première étoile, le système peut se disloquer, et il est nécessaire que le délai entre les deux explosions soit inférieur à 100 000 ans pour que l’émission du rémanent ne soit pas diluée.
L’étude des rémanents est délicate et repose sur l’analyse des émissions électromagnétiques. Actuellement, près de 300 rémanents de supernovas sont connus, principalement détectés dans le domaine radio. Le réseau de radiotélescopes MeerKAT en Afrique du Sud a récemment publié un catalogue de 237 nouveaux candidats à confirmer.
G189.6 + 3.3 a été identifié comme un rémanent en 1994 et observé plus finement par eRosita en 2023. Les données récentes indiquent que les deux rémanents, IC 443 et G189.6 + 3.3, se trouvent à la même distance de la Terre, soit environ 6 000 années-lumière. Les chercheurs estiment que le délai entre les deux explosions serait compris entre 20 000 et 100 000 ans, avec IC 443 étant la plus récente, âgée de 8 000 à 9 000 ans. La probabilité que leur alignement ne soit qu’une coïncidence est inférieure à 1,5 %.
Cependant, la confirmation de cette connexion n’est pas définitive. Certaines signatures radio typiques d’interactions avec un nuage moléculaire n’ont pas été observées. Miltiadis Michailidis et ses collègues parlent d’un « candidat » système binaire, le premier de ce genre à être solidement étayé.
Après leur fin de vie, les restes des deux étoiles se sont éloignés l’un de l’autre. Pour un observateur sur Terre, la supernova IC 443 ne peut plus être étudiée sans prendre en compte G189.6 + 3.3, réunissant ainsi une fratrie stellaire.
Source : Pour la Science
