Les blocages lycéens ont laissé des établissements avec des dizaines d’heures de cours en moins, parfois après plusieurs semaines de perturbations. À Marseille, un enseignant dit avoir perdu une trentaine d’heures ; dans certains cas, le bilan approcherait la soixantaine. Entre cours à distance, révisions et progression ralentie, les équipes cherchent à limiter les lacunes, sans consigne ministérielle rapportée à ce stade.

Des cours difficiles à reprendre normalement

Le mouvement a perturbé près d’un tiers des lycées en France, selon les éléments rapportés dans l’article publié le 7 novembre. Certains établissements ont été privés d’enseignement pendant près de quatre semaines. Le lundi évoqué dans ce bilan, une quarantaine de lycées étaient encore bloqués, malgré les mesures annoncées par le gouvernement.
Dans un lycée marseillais où les blocages se poursuivaient, un professeur de physique-chimie décrit des classes clairsemées et une organisation décidée au jour le jour. Les informations changeant selon les perturbations, des élèves souhaitant venir en cours ne savent pas toujours si l’établissement est accessible. Lorsqu’ils sont présents, l’enseignant privilégie les révisions plutôt que d’avancer dans le programme, afin de ne pas désavantager ceux qui sont absents.
Ce professeur estime avoir perdu environ trente heures d’enseignement ; certains de ses collègues en auraient manqué près de soixante. Il craint que les élèves de seconde et de première ne gardent des lacunes, et dit ne pas savoir si toutes les notions prévues pourront être abordées avant la fin de l’année. Il indique aussi que son équipe n’a, pour l’heure, reçu aucune consigne du ministère sur la manière de rattraper les cours.
La visioconférence ne compense pas tout
Certains lycées ont tenté de poursuivre les cours à distance. Dans un établissement des Yvelines, les blocages n’avaient perturbé l’enseignement que pendant une semaine et demie. Un professeur d’histoire-géographie estime néanmoins que les apprentissages ont été fortement affectés : selon lui, la visioconférence rend difficile le suivi des élèves, l’évaluation et la vérification du travail.
La demande d’adapter les épreuves du baccalauréat 2027, formulée par l’APSES et la FEP-CFDT auprès du ministère, ouvre un autre débat. Le professeur des Yvelines juge qu’un aménagement des examens ne répondrait pas aux difficultés pédagogiques. Le texte rapporte ainsi des positions divergentes : certains syndicats réclament une adaptation des épreuves, tandis que cet enseignant y est opposé.
La reprise des cours, autre enjeu de la mobilisation
Pour Jean-Baptiste Verneuil, président du Syndicat indépendant des enseignants du second degré (SIES), la priorité est de permettre aux élèves et aux personnels qui le souhaitent de retourner en classe. Il dit partager certaines revendications des lycéens, notamment sur l’état de bâtiments scolaires et le fonctionnement de Parcoursup, mais refuse les blocages, qu’il considère comme un obstacle au travail.
Le responsable syndical estime que les perturbations accentuent les écarts entre établissements, certains ayant été davantage touchés que d’autres. Il s’oppose également à un abaissement du niveau d’exigence du baccalauréat. Ses propos sur l’obligation d’assiduité des élèves et l’illégalité des blocages sont ceux du président du SIES, tels que rapportés dans l’article.
Au-delà des heures perdues, Jean-Baptiste Verneuil s’inquiète des conditions du retour en classe après des mobilisations marquées, selon le texte, par des dégradations, des incendies et des insultes visant des enseignants. La reprise devra donc répondre à deux difficultés distinctes : reprendre les apprentissages perturbés et rétablir des conditions de travail dans les établissements concernés.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : leJDD







