Faute d’accord autour d’une primaire pour la présidentielle de 2027, des responsables du centre et de la droite défendent une autre piste : un sondage mené auprès de plusieurs dizaines de milliers de personnes. L’idée est de comparer les candidats potentiels et de faire émerger celui qui serait le mieux placé. Les sondeurs interrogés ne s’accordent toutefois ni sur l’utilité d’un tel dispositif ni sur le moment où il faudrait le réaliser.

Un sondage XXL envisagé faute de consensus

Édouard Philippe a écarté la primaire proposée par Gabriel Attal pour départager les candidatures du centre et de la droite. Gabriel Attal continue de défendre cette option, tandis que Bruno Retailleau estime qu’une primaire sera probablement nécessaire en début d’année. Les désaccords sur son organisation conduisent certains élus à envisager une enquête d’opinion de grande ampleur.
Le député Renaissance Sylvain Maillard a évoqué sur LCI un sondage auprès de 20 000 à 40 000 personnes, voire plusieurs enquêtes destinées à faire apparaître une tendance. Son collègue Pierre Cazeneuve plaide, lui, pour un panel de 30 000 à 50 000 sondés. Il juge les intentions de vote actuelles trop variables selon les enquêtes et estime qu’un échantillon beaucoup plus important pourrait réduire les contestations liées aux configurations testées.
Comparer les profils, au-delà des intentions de vote
Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop, considère qu’une enquête de ce type pourrait jouer un rôle de départage si les candidats acceptaient ensemble ses règles. Un vaste échantillon permettrait aussi, selon lui, d’interroger plus précisément les sympathisants du centre et de la droite sur l’image des candidats : leur stature présidentielle ou leur capacité à incarner les idées de leur camp, par exemple.
Pour mesurer qui est le mieux placé dans la course à l’Élysée, le sondeur estime cependant que les intentions de vote doivent être testées dans différentes configurations, puis suivies dans le temps. Il considère qu’un panel de 10 000 personnes pourrait déjà suffire à rendre la marge d’erreur très faible, sans atteindre les volumes avancés par les députés.
Une enquête de grande taille n’est pas sans précédent. En septembre 2021, à la demande des Républicains, l’Ifop avait interrogé environ 15 000 sympathisants du parti et électeurs se disant de droite sur les prétendants à la primaire. Xavier Bertrand était arrivé en tête sur plusieurs critères, mais il avait terminé quatrième lors du scrutin interne. Valérie Pécresse, alors proche dans cette enquête, avait finalement remporté la primaire.
Le calendrier et l’interprétation en question
Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Harris Interactive, doute qu’un panel très large de sympathisants améliore fortement la précision par rapport à un échantillon classique. Il souligne surtout qu’un sondage réalisé maintenant, ou en décembre, ne permettrait pas de prévoir les dynamiques de campagne ultérieures.
L’exemple de Valérie Pécresse illustre cette réserve : elle était créditée de plus de 16 % d’intentions de vote en décembre 2021, avant d’obtenir moins de 5 % au scrutin présidentiel. Pour Jean-Daniel Lévy, la campagne de 2027 n’a pas encore véritablement commencé et la situation peut évoluer dans les mois à venir.
Le choix de la méthode ne réglerait pas non plus la question de ce qu’il faudrait considérer comme un résultat décisif. Les équipes devraient s’accorder sur l’écart nécessaire pour désigner un favori, puis accepter la même interprétation des chiffres. Frédéric Dabi rappelle enfin qu’un sondage ne détermine pas si un candidat se maintiendra, se retirera ou nouera une alliance : ces décisions restent politiques.
Source : TF1 INFO – L'info pour tous et pour chacun (www.tf1info.fr)
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Auteur : Maëlane Loaëc







