Les politiques visant les ressortissants russes diffèrent fortement au sein de l’Union européenne. La Lituanie et la Pologne ont durci l’accès à leur territoire, tandis que la Bulgarie maintient davantage de possibilités de séjour et d’acquisition immobilière. En Lituanie, une nouvelle mesure visant les personnes qui soutiennent la guerre contre l’Ukraine pourrait entrer en vigueur en 2027.

En Lituanie, un projet soumis au Parlement

Le 30 septembre 2026, le gouvernement lituanien a approuvé un projet d’amendements qui viserait certaines personnes et organisations russes ou biélorusses souhaitant mener des activités publiques dans les domaines de l’éducation, de la science, de la culture, du sport, des arts ou du divertissement. La mesure concernerait notamment celles qui soutiennent la guerre menée contre l’Ukraine ou ont participé à des activités dans les territoires ukrainiens occupés ou annexés par la Russie.
Le texte prévoit que les ressortissants russes et biélorusses concernés signent une déclaration publique condamnant l’agression russe. Ceux qui refuseraient ne pourraient pas exercer les activités visées. La réforme doit encore être approuvée par le Seimas, le Parlement lituanien. Si elle est adoptée, elle entrerait en vigueur le 1er janvier 2027.
La proposition s’ajouterait aux restrictions déjà en place depuis 2022. La Lituanie n’accepte plus les demandes de visa Schengen déposées par des ressortissants russes auprès des circuits habituels à l’étranger : les démarches pour obtenir un visa national lituanien ou un visa Schengen doivent passer par le ministère des Affaires étrangères. Des exceptions sont prévues, notamment pour certains proches de citoyens lituaniens et dans des situations humanitaires urgentes.
Les ressortissants russes qui résident déjà dans le pays sont également soumis à des règles particulières. Un titre de séjour temporaire peut être retiré à ceux qui se rendent en Russie ou en Biélorussie plus d’une fois tous les trois mois. Pour l’immobilier, les personnes sans titre de séjour ne peuvent pas acheter de bien. Celles qui en détiennent un ne peuvent pas acquérir de propriétés à moins de dix kilomètres de certaines zones militaires, de sites classifiés ou d’infrastructures critiques.
Au 1er juin 2026, 13 414 citoyens russes détenaient un titre de séjour en Lituanie, selon le Département de la migration. Ce chiffre était inférieur de plus de 300 à celui de janvier et de 1 564 à celui du début de 2025. Il ne recouvre pas l’ensemble des habitants d’origine russe : au recensement de 2021, 141 100 personnes s’étaient identifiées comme telles, et 70 % avaient indiqué que le lituanien était une langue autre que leur langue maternelle.
La politique lituanienne distingue aussi les opposants russes du pouvoir de Moscou. Le pays a accueilli des militants anti-guerre, des journalistes indépendants et des figures de l’opposition, parmi lesquels Dmitri Elovski, Anastasia Shevchenko et Leonid Volkov.
En Pologne, des restrictions d’entrée et des règles immobilières distinctes
La Pologne a limité dès mars 2022 les catégories de visas accessibles aux Russes, avec des exceptions pour certains motifs humanitaires, certaines professions et les personnes ayant des liens étroits avec le pays. En septembre de la même année, elle a aussi interdit l’entrée par la frontière extérieure de l’Union européenne pour des séjours touristiques, professionnels, sportifs ou culturels. Depuis 2023, les consulats polonais en Russie n’acceptent plus la plupart des demandes de visas selon la procédure ordinaire.
Depuis le 1er avril 2026, les titulaires de passeports russes non biométriques ne peuvent plus entrer en Pologne. En revanche, les règles d’achat immobilier ne sont pas les mêmes pour tous : un Russe muni d’un visa touristique ou de courte durée peut acheter un appartement ordinaire hors des zones frontalières, mais l’achat d’une maison ou d’un terrain requiert généralement l’autorisation du ministère de l’Intérieur.
Cette autorisation n’est pas nécessaire pour certaines personnes titulaires d’un permis de séjour permanent ou du statut de résident de longue durée de l’Union européenne. La durée de résidence requise est généralement de cinq ans ; elle est ramenée à deux ans pour les personnes mariées à un citoyen polonais. En 2026, environ 15 000 à 16 000 citoyens russes disposaient d’un titre de séjour valide en Pologne.
En Bulgarie, une approche moins restrictive
La Bulgarie a adopté une ligne différente et applique, selon les éléments rapportés, le minimum requis par les règles de Schengen. Les touristes russes peuvent continuer à demander un visa Schengen de court séjour, notamment auprès des centres de visa en Russie. Des experts cités dans le reportage estiment que le pays ne considère pas la présence russe comme une menace hybride directe.
Les dernières données officielles citées, qui remontent à 2021, recensent 17 300 résidents russes permanents en Bulgarie. D’autres estimations font état de plus de 10 000 biens immobiliers détenus par des citoyens russes dans le pays, dont 60 % auraient été acquis après l’invasion de l’Ukraine. Les appartements peuvent être achetés sans restriction ; pour acquérir une maison ou un terrain, les Russes peuvent créer une société bulgare.
Source : Voxeurop (voxeurop.eu)
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Auteur : Adrian Burtin







