Les violences qui ont accompagné la mobilisation contre la vie chère du samedi 17 octobre se sont prolongées le lendemain, notamment à Paris. Le bilan communiqué pour la journée de samedi fait état de 2 397 interpellations et de 997 policiers et gendarmes blessés, dont sept grièvement. Des bâtiments publics et des commerces ont été dégradés ou pillés dans plusieurs villes.

Une mobilisation marquée par des affrontements

La manifestation contre la vie chère a rassemblé 550 000 personnes dans le pays, dont 110 000 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. Une partie des participants répondait aux appels de La France insoumise et du Parti communiste. À l’écart des cortèges déclarés, des groupes radicaux ont affronté les forces de l’ordre, notamment place de la République, à Paris.
Les affrontements ont impliqué des jets de pavés et de mortiers d’artifice, ainsi que des incendies et des barricades. Dans la capitale, les violences se sont déplacées de la Madeleine et de la Concorde vers les Champs-Élysées, la rue de Rivoli et les Halles. Rue Réaumur, plusieurs centaines d’individus ont contraint une douzaine de policiers à reculer, selon le récit du JDD.
Des bâtiments publics ont aussi été visés dans plusieurs villes. À Lille, une annexe de la mairie a été attaquée ; à Annecy, le tribunal a été menacé d’incendie. À Bayonne, la mairie et la sous-préfecture ont été assaillies. À Limoges, une cinquantaine de personnes auraient forcé l’hôtel de ville, selon des remontées policières. Le feu a détruit la toiture et le campanile du bâtiment.
Des commerces pillés, puis de nouveaux débordements à Paris
À mesure que les forces de l’ordre se déployaient face aux affrontements, des groupes de pillards ont profité des brèches pour s’emparer de marchandises. Une note du cabinet de sécurité Monclar décrit des vols organisés en chaîne, avec des personnes qui transmettent les produits à des complices restés à l’extérieur. À Tours, plusieurs enseignes, dont Sephora, la Fnac, Lidl et Carrefour, ont été touchées. Clermont-Ferrand a recensé 67 commerces pillés ou dégradés et Marseille, 75 magasins pillés, selon les chiffres rapportés dans l’article. À Saint-Étienne, une vingtaine d’armes dérobées dans une armurerie ont été retrouvées.
Les violences ont repris à Paris le dimanche 18 octobre. Après de nouveaux débordements place de la République, des bandes se sont dispersées dans différents quartiers commerçants. À Saint-Denis, 23 personnes ont été interpellées après le pillage d’un magasin Snipes. Rue de Châteaudun, deux policiers municipaux ont été dépouillés de leurs effets personnels et leur véhicule dégradé. Les agents ont ensuite reçu des soins à l’hôpital Bichat.
Dans la soirée, des commerces ont également été pillés ou saccagés au BHV Marais, à Belleville, rue Saint-Martin et aux Halles. Vers 23 heures, un groupe a tenté de briser la vitrine d’une boutique Louis Vuitton sur les Champs-Élysées ; un suspect a été interpellé. Le bilan des interpellations à Paris, d’abord établi à 108 dimanche soir par la préfecture, atteignait 351 dans un décompte publié lundi.
Des moyens importants, des critiques sur leur emploi
Soixante mille policiers et gendarmes ont été mobilisés dans le pays dès samedi. Pour les seules CRS, la synthèse nationale citée par le JDD comptabilise 593 blessés, dont 574 légers, 9 070 grenades au lanceur, 2 178 grenades à main, 393 tirs de LBD et 205 600 litres d’eau projetés. Malgré ces moyens, les pillages n’ont pas pu être empêchés.
Une note de la Direction nationale du renseignement territorial, datée du 15 octobre, évaluait à 5 000 le nombre de militants d’ultragauche susceptibles de participer aux violences. Elle anticipait entre 60 000 et 110 000 manifestants hors de Paris ; environ 440 000 y ont finalement défilé, selon les éléments rapportés. À Marseille, le maire Benoît Payan a dénoncé l’insuffisance des effectifs déployés et demandé des explications sur l’organisation du maintien de l’ordre.
Lundi 19 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a reconnu un « manque d’anticipation » et une « perte de contrôle » dans certaines villes. Selon le JDD, Emmanuel Macron a refusé sa démission et demandé des explications sur les défaillances du renseignement ainsi que de nouvelles méthodes d’action. L’article, publié le 20 octobre 2026, rapporte également les critiques d’une haute source sécuritaire sur la coordination des opérations.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : leJDD







