Les violences et les pillages survenus lors de la manifestation du 17 octobre ont provoqué de vifs échanges à l’Assemblée nationale, mardi 20 octobre. La France insoumise met en cause la gestion gouvernementale et conteste les accusations la visant ; le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez lui reproche, en retour, d’avoir attisé les tensions. Une commission d’enquête doit examiner les événements et les failles du maintien de l’ordre.

Une commission d’enquête avant le retour des tensions

La journée avait commencé par un accord entre les groupes politiques autour du lancement d’une commission d’enquête consacrée aux violences, aux pillages et au dispositif de maintien de l’ordre lors de la mobilisation du 17 octobre. Mais le débat sur les responsabilités a rapidement repris le dessus, avant même les questions au gouvernement.
Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris, a accusé les Insoumis de soutenir les blocages et de rechercher le « chaos ». Hadrien Clouet, élu LFI de Haute-Garonne, a de son côté mis en cause le ministre de l’Intérieur, qu’il juge responsable de la sécurité et défaillant dans sa gestion du mouvement lycéen.
Les élus socialistes ont contesté l’idée que La France insoumise soit responsable des dégradations. Mélanie Thomin, députée PS du Finistère, a estimé que certains membres du gouvernement avaient attribué à LFI la responsabilité des pillages et des dégâts dans plusieurs centres-villes sans restituer, selon elle, la réalité des faits.
Le renseignement au cœur de l’affrontement
Lors des questions au gouvernement, Manuel Bompard a dénoncé un « fiasco » dont il tient le gouvernement pour responsable. Le coordinateur de LFI a également accusé l’exécutif de chercher à faire porter la responsabilité des violences à son parti. Il s’est appuyé sur une enquête de Mediapart, qui rapporte le témoignage d’un commissaire du renseignement territorial affirmant qu’on lui aurait demandé de désigner LFI comme étant à l’origine du mouvement.
Laurent Nuñez a rejeté cette accusation. Le ministre a assuré qu’aucune consigne n’avait été donnée aux services pour écrire sur La France insoumise et a affirmé que le renseignement ne travaillait pas sur les partis politiques. Il a aussi reproché aux Insoumis de soutenir l’ultragauche et l’extrême gauche radicalisée. Manuel Bompard a alors réclamé sa démission, estimant qu’il avait perdu le contrôle de la situation.
Ces échanges opposent deux versions politiques des événements : LFI met en avant les défaillances de l’État et récuse les accusations dirigées contre elle ; le gouvernement conteste ces critiques et met en cause le discours et le soutien politique des Insoumis. Les affirmations sur les consignes qui auraient été données aux services de renseignement restent, dans le débat rapporté, contestées par le ministre.
Lecornu veut réunir les responsables politiques
La confrontation s’est poursuivie lorsque Mathilde Panot a dénoncé les attaques visant son parti et évoqué les appels à son interdiction. Le président LR du Sénat, Gérard Larcher, avait déclaré lundi que cette possibilité pouvait être « posée ». Sébastien Lecornu a répondu qu’il ne cherchait pas à interdire LFI, mais à la combattre dans les urnes.
Le Premier ministre a annoncé qu’il rencontrerait jeudi les responsables des partis politiques pour tenter de sortir de la crise. La participation de La France insoumise n’était pas connue au moment de la publication, le 20 octobre 2026.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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Auteur : Thibaut Le Gal






