Au moins 153 personnes ont été tuées lundi 19 octobre dans une frappe de drone contre un marché du district d’Abyei, région disputée entre le Soudan et le Soudan du Sud. Le bilan, d’abord évalué à 73 morts, a été annoncé mardi par le ministre de l’Information par intérim d’Abyei. Des responsables sud-soudanais accusent l’armée soudanaise d’avoir mené l’attaque, une responsabilité qui leur est attribuée. (theprint.in)

Un bilan revu à la hausse

Le premier décompte communiqué par l’administration d’Abyei faisait également état de 19 blessés. Le bilan est ensuite passé à au moins 153 morts, selon les informations rapportées par Reuters et l’Associated Press. L’administration locale affirme que des drones ont frappé le marché, situé dans une zone commerciale fréquentée. (theprint.in)
Dans un communiqué, l’administration d’Abyei a imputé la frappe aux Forces armées soudanaises et indiqué qu’un avion militaire aurait largué environ 22 munitions. Cette version est une accusation des autorités locales : le texte fourni ne fait état d’aucune confirmation indépendante de l’identité des responsables de l’attaque.
Parmi les victimes figureraient des femmes, des enfants, des personnes âgées et des commerçants, mais aussi des Sud-Soudanais rentrant dans leur pays et des réfugiés soudanais. Ces derniers avaient fui le conflit qui ravage le Soudan depuis 2023.
Abyei, une zone frontalière disputée
Riche en pétrole, Abyei se trouve entre le Soudan et le Soudan du Sud. Son statut reste contesté depuis l’indépendance du Soudan du Sud, proclamée en 2011. La région est administrée par une zone spéciale et placée sous la supervision d’une force intérimaire de sécurité des Nations unies.
Le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères a condamné l’attaque et annoncé avoir convoqué l’ambassadeur du Soudan. Des responsables du Soudan du Sud ont également désigné l’armée soudanaise comme responsable.
Le marché visé est présenté comme un point de passage pour les marchandises à destination du Kordofan occidental, région voisine contrôlée par les Forces de soutien rapide (FSR), les paramilitaires qui combattent l’armée soudanaise. Dimanche et lundi, d’autres frappes au Soudan avaient fait près de 100 morts dans des zones tenues par les FSR.
Une crise humanitaire aggravée par la guerre
Depuis le début du conflit, plus de 200 000 personnes auraient péri au Soudan, selon les estimations de travailleurs humanitaires citées par France 24. Le pays est aussi confronté à la famine et à d’importants déplacements de population.
En 2025, six soldats bangladais de la force de maintien de la paix de l’ONU avaient été tués et huit autres blessés dans une attaque de drones contre une base onusienne à Abyei. Les auteurs de cette attaque avaient alors été décrits comme des groupes armés séparatistes.
Source : France 24 – Infos, news & actualités – L'information internationale en direct (www.france24.com)
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Auteur : FRANCE 24






