Le Parlement roumain a investi, mardi 20 octobre 2026, le gouvernement de Luca Niculescu, après plusieurs mois de blocage politique. Le diplomate indépendant a recueilli 280 voix, contre 233 nécessaires. Cette majorité réunit des forces pro-européennes, mais sa solidité reste incertaine.

Une majorité réunie autour d’un gouvernement de compromis

Quatrième candidat à l’investiture depuis la chute de la précédente coalition en mai, Luca Niculescu a proposé une équipe composée de ministres du Parti social-démocrate (PSD), principale formation du pays, et de technocrates. Le PSD, les libéraux et le parti de la minorité hongroise, l’UDMR, ont soutenu le cabinet. Les libéraux ont voté pour malgré leur passage dans l’opposition.
Le Premier ministre, âgé de 55 ans, a été choisi par le président centriste Nicusor Dan au début du mois. Son expérience diplomatique devait l’aider à rassembler une majorité au Parlement. Il a notamment été secrétaire d’État aux Affaires étrangères à partir de septembre 2022 et a supervisé le processus d’adhésion de la Roumanie à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Ancien journaliste, Luca Niculescu a aussi occupé plusieurs postes diplomatiques, notamment en France. Il a été rédacteur en chef de RFI Roumanie et correspondant pour plusieurs médias français.
Une crise politique depuis la chute de la coalition
La crise s’est ouverte après la rupture, en mai, d’une coalition pro-européenne de quatre partis dirigée par le libéral Ilie Bolojan. Le PSD avait quitté le gouvernement en raison de désaccords sur la politique budgétaire et les mesures d’austérité. Il s’était ensuite allié à l’extrême droite pour faire adopter une motion de censure qui a renversé le cabinet.
Le chef du PSD, Sorin Grindeanu, a présenté le vote de mardi comme un moyen de changer une orientation politique qu’il jugeait préjudiciable aux Roumains et à l’économie. Ilie Bolojan, lui, a défendu la nécessité de disposer d’un gouvernement capable d’assurer le fonctionnement des institutions publiques et des services de base.
Depuis la chute de la coalition, l’Alliance pour l’union des Roumains (AUR), parti d’extrême droite, était en tête des sondages, avec près de 40 % des intentions de vote selon les données rapportées par RFI. La formation réclamait des élections anticipées. Le président Nicusor Dan a écarté cette option, estimant qu’un nouveau scrutin prolongerait l’instabilité et aggraverait les finances publiques. Il a également exclu une participation de l’extrême droite au gouvernement.
Un cabinet dont la durée reste incertaine
La composition de la majorité ne garantit pas une stabilité durable. Le PSD a annoncé qu’il réexaminerait sa position dans six mois. Les libéraux, de leur côté, se sont engagés pour l’instant à soutenir le gouvernement jusqu’à l’adoption du budget 2027.
L’analyste politique Sergiu Miscoiu, cité par l’AFP, estime que des tensions pourraient apparaître entre les ministres social-démocrates et les technocrates. La Roumanie devra donc gouverner avec une majorité de circonstance, dans un Parlement fragmenté depuis les législatives de décembre 2024. Ces élections avaient suivi l’annulation du scrutin présidentiel, sur fond d’accusations d’ingérence russe.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : RFI avec AFP





