Le coordonnateur national du renseignement ivoirien, Vassiriki Traoré, s’est rendu à Bamako à l’invitation de son homologue malien, le général Modibo Koné. Les échanges portent sur la sécurité et la lutte antiterroriste, alors que les deux pays cherchent à renouer leur coopération. La visite, d’une durée annoncée de 72 heures, s’inscrit aussi dans un enjeu transfrontalier qui concerne le Burkina Faso.

Relancer la coopération aux frontières
Les relations entre Abidjan et Bamako se sont tendues ces dernières années autour de questions de souveraineté et de sécurité. Le déplacement de Vassiriki Traoré intervient dans un contexte de rapprochement, quelques mois après un appel du ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, à renouer le dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel, dont le Mali et le Burkina Faso.
La Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso partagent plus de 1 000 kilomètres de frontières. La reprise de la coordination sécuritaire entre ces pays est présentée comme un objectif, notamment pour empêcher les groupes terroristes de préparer des attaques dans les zones frontalières. La visite ne signifie toutefois pas, à elle seule, que des mécanismes communs ou des opérations conjointes ont été décidés.
Un corridor important pour l’économie malienne
L’analyste politique Kaou Abdrahamane Diallo estime que les deux voisins ont intérêt à unir leurs efforts face à la menace terroriste. Il décrit la Côte d’Ivoire comme un point d’appui logistique pour le Mali et souligne l’importance, pour l’économie malienne, de l’axe reliant Kolondieba à San Pedro, par lequel transite un oléoduc vers le port. Selon lui, la sécurisation de cette zone est d’autant plus importante que le Burkina Faso est également frontalier de ce secteur.
Ces éléments relèvent de l’analyse de Kaou Abdrahamane Diallo. Ils éclairent l’enjeu économique et sécuritaire attribué à la coopération entre les trois pays, sans établir qu’une nouvelle mesure de sécurisation a déjà été mise en œuvre.
Le dialogue politique appelé à suivre
Pour Moctar Sy, leader d’opinion, la sécurité devrait être le point de départ d’une coopération plus large, et non son unique objet. Il appelle à étendre les échanges au-delà du renseignement, à aborder franchement les sujets politiques sensibles et à reconstruire progressivement la confiance entre les deux pays. Il insiste aussi sur la réciprocité des gestes et sur la nécessité de faire suivre les déclarations d’actes.
La reprise des mécanismes de coordination régionale et d’opérations militaires conjointes aux frontières figure parmi les pistes évoquées. La visite du responsable ivoirien à Bamako ouvre un espace de discussion sur ces enjeux, mais la concrétisation de cette coopération reste à établir.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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