L’Insee examine plusieurs façons de mesurer le volume de l’enseignement non marchand, dont l’activité n’est pas évaluée à partir de prix de marché. Publiée le 14 octobre 2026, l’étude compare la mesure fondée sur le nombre d’élèves à des indicateurs visant à tenir compte de la qualité de l’éducation. Entre 2013 et 2022, ces ajustements modifient peu les taux de croissance estimés, mais leurs effets varient selon l’indicateur retenu. (insee.fr)

Une mesure fondée sur les effectifs d’élèves

En comptabilité nationale, mesurer le volume des services publics pose une difficulté particulière : ceux-ci n’ont pas de prix de marché. Pour l’enseignement non marchand, la mesure utilisée en France s’appuie sur une approche dite « output », fondée sur les effectifs d’élèves.
Cette méthode reflète principalement les évolutions démographiques. Une baisse du nombre d’élèves réduit donc mécaniquement le volume estimé de l’éducation, sans renseigner à elle seule sur l’évolution de la qualité du service. L’étude rappelle que plusieurs indicateurs peuvent donner des signaux différents : la diminution de la taille des classes pourrait, par exemple, aller de pair avec une amélioration de la qualité, tandis que le recul des scores PISA semble indiquer une dégradation. (insee.fr)
Des effets modestes selon les indicateurs
Les auteurs comparent plusieurs ajustements destinés à intégrer des dimensions de qualité dans la mesure du volume. Pour les construire, ils proposent un cadre théorique qui tient compte de la contribution de la qualité au capital humain, en s’appuyant sur des estimations issues de la littérature.
Sur la période 2013-2022, l’ajustement fondé sur les scores PISA réduit les taux de croissance annuels de 0,056 point de pourcentage en moyenne, avec une baisse maximale de 0,1 point. Celui qui repose sur la taille des classes les augmente légèrement : 0,015 point en moyenne, avec un pic à 0,035 point. La part des enseignants débutants, elle, a un effet inférieur à 0,01 point. (insee.fr)
Dans l’ensemble, les ajustements étudiés ont donc un effet modeste sur le volume estimé de la production d’éducation. L’Insee relie cette ampleur limitée au faible effet des indicateurs de qualité retenus sur les revenus futurs. L’étude précise toutefois que de petits écarts peuvent s’accumuler avec le temps et finir par modifier la tendance observée.
La scolarisation des élèves en situation de handicap
Un autre ajustement porte sur la composition du public scolaire. En tenant compte de la hausse de la scolarisation des élèves en situation de handicap, le taux de croissance du volume de production augmente jusqu’à 0,15 point. Sur la période 2006-2023, la variation cumulée atteint environ un point de pourcentage, selon les auteurs. (insee.fr)
Source : Publications nationales (www.insee.fr)
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Auteur : Jeremy Fouliard, Mats Le Floch et Pauline Mendras






