Le gouvernement argentin a officialisé un régime de départs volontaires susceptible de concerner jusqu’à 20 000 agents. Publié au Journal officiel le lundi 19 octobre, le dispositif prévoit une indemnité pouvant atteindre l’équivalent de deux années de salaire et une interdiction de revenir dans l’administration pendant huit ans, selon les modalités rapportées.(boletinoficial.gob.ar)

Un dispositif ouvert jusqu’au 30 novembre

Les agents intéressés pourront se porter candidats jusqu’au 30 novembre. Le plan n’est pas limité à un organisme particulier, mais il ne s’applique pas aux forces armées et de sécurité, aux services de renseignement ni au corps diplomatique, selon les informations communiquées sur le dispositif.
Le décret précise que le régime concerne les agents permanents et certains salariés en contrat à durée indéterminée de l’administration publique nationale centralisée. Il prévoit également la suppression des postes occupés par les personnes qui partiront. Le nombre de 20 000 correspond aux fonctionnaires susceptibles d’être concernés, et non à un nombre de départs déjà acté.(boletinoficial.gob.ar)
Federico Sturzenegger, ministre de la Dérégulation et de la Transformation de l’État, a justifié l’interdiction de réintégrer l’administration par la volonté d’éviter un phénomène de « porte tournante ». L’indemnité, qui peut aller jusqu’à deux ans de salaire, varie selon la situation de chaque agent.
Plus de 77 000 postes supprimés depuis 2023
Ce nouveau régime s’inscrit dans la politique de réduction des dépenses publiques menée par le président Javier Milei, au pouvoir depuis décembre 2023. En septembre, le ministre avait annoncé une baisse de plus de 21 % des effectifs publics, soit environ 77 500 postes supprimés. Les réductions ont notamment touché les administrations nationales et les entreprises publiques.
Le gouvernement présente le plan comme un moyen de réduire encore les dépenses et, à terme, de poursuivre les baisses d’impôts. « Nous continuons à chercher des moyens de réduire la dépense publique afin de continuer à baisser les impôts », a déclaré Federico Sturzenegger sur X.
Le syndicat de la fonction publique ATE conteste cette présentation. Son dirigeant, Rodolfo Aguiar, a dénoncé sur X des départs qui, selon lui, relèvent d’un « licenciement par chantage », et rejeté ce qu’il qualifie de « démantèlement de l’État ».
Des chiffres différents sur l’emploi
Au-delà du secteur public, des organisations syndicales estiment que jusqu’à 270 000 emplois privés ont disparu en lien avec l’austérité budgétaire et le ralentissement de l’activité. De son côté, Sturzenegger revendique la création d’environ 400 000 emplois, en incluant le travail informel et les autoentrepreneurs.
La part de l’emploi informel aurait progressé de trois points depuis la fin de 2023 pour atteindre 45 %, selon les chiffres rapportés. Ces estimations donnent des lectures différentes de l’évolution de l’emploi en Argentine, tandis que le nouveau plan pourrait encore réduire les effectifs de l’administration.
Source : Homepage Economie – actualités (www.bfmtv.com)
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