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Sciences sociales

Religion, genre et sexualité : une journée d’étude croise socialisations, institutions et politisations

Comment les croyances, les institutions religieuses et les normes de genre interviennent-elles dans les parcours affectifs et sexuels ? Une journée d’étude organisée au Campus Condorcet le 12 octobre 2026 a rapproché deux domaines de recherche pour examiner ces liens : la sociologie des religions et celle de la sexualité. Son programme s’articulait autour de trois questions — socialisation, institutions et politisation — sans prétendre résumer à lui seul la diversité des expériences religieuses et LGBTIQ+.

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Une rencontre scientifique, pas une enquête statistique

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Frank Rietsch · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

La journée était organisée par les réseaux thématiques « Sciences sociales sur la sexualité » et « Sociologie et religions » de l’Association française de sociologie. Elle s’est tenue à l’Humathèque du Campus Condorcet, à Aubervilliers. La présentation disponible décrit une rencontre destinée à faire dialoguer ces deux champs ; elle ne publie ni résultats d’enquête, ni chiffres, ni conclusions générales sur les croyants ou les minorités sexuelles. (campus-condorcet.fr)

Cette distinction est importante : l’annonce d’un colloque renseigne sur les questions que des chercheurs souhaitent mettre en discussion, mais ne constitue pas en soi une étude démontrant un phénomène. Il faut donc lire les trois axes comme des pistes d’analyse, et non comme les conclusions d’une recherche achevée.

Trois angles pour relier religion et sexualité

La socialisation désigne les apprentissages par lesquels les personnes acquièrent des normes, des habitudes et des façons de se représenter le monde. La famille, les groupes religieux, l’école ou les pairs peuvent contribuer à ces apprentissages. Les étudier ensemble permet de demander comment se construisent les rapports au corps, au couple, au genre et à la sexualité — sans supposer que toutes les personnes d’une même religion reçoivent les mêmes messages ou y répondent de la même manière.

Le deuxième axe porte sur les institutions. Une institution religieuse peut transmettre des règles et des discours, mais aussi offrir des lieux de sociabilité et des ressources collectives. La question sociologique ne se limite donc pas à opposer religion et émancipation : elle examine aussi les pratiques concrètes, les négociations et les variations entre organisations, traditions et contextes.

Enfin, la politisation renvoie à la manière dont ces sujets deviennent des enjeux de débat public, de mobilisation ou de conflit. Les controverses sur les droits des femmes et des personnes LGBTIQ+ peuvent mettre en jeu des acteurs religieux, féministes et militants, aux positions diverses. Les étudier suppose d’attribuer les prises de position à leurs auteurs et de ne pas réduire une tradition entière à une seule voix.

Ce croisement disciplinaire s’inscrit dans un mouvement de recherche déjà présent dans les formations universitaires : l’EHESS, par exemple, a proposé un séminaire consacré aux liens entre genre et religion, en soulignant l’intérêt de faire dialoguer ces domaines. Cela témoigne d’un espace de recherche, pas d’un consensus sur les réponses à apporter. (habu25-prod.ehess.fr)

Qui est concerné — et que peut-on conclure ?

Ces travaux concernent les chercheurs en sociologie des religions, en études de genre et en sociologie de la sexualité, mais aussi toute personne intéressée par la façon dont se forment les normes et les appartenances. Ils peuvent éclairer des expériences variées : adhésion, distance à l’égard d’une institution, interprétation personnelle d’une tradition ou engagement militant. La perspective intersectionnelle invite précisément à ne pas isoler la religion du genre, de la sexualité et des autres rapports sociaux.

La présentation de la journée rappelle que certaines recherches sur le genre et la sexualité se sont développées dans un contexte de méfiance envers les religions, notamment en raison de l’opposition fréquente de l’Église catholique aux luttes féministes et LGBTIQ+. Ce cadrage historique ne permet toutefois pas de généraliser à toutes les religions, à toutes les périodes ou à tous les croyants. En l’absence de comptes rendus ou de résultats détaillés dans la source consultée, on peut conclure que la journée entendait rapprocher des approches jusque-là parfois séparées — pas qu’elle a établi une interprétation unique des rapports entre religion et sexualité. (campus-condorcet.fr)


Source : Calenda – Sociologie des religions

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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