Aller au contenu
Sciences sociales

Un troisième programme national de renouvellement urbain au cœur du projet de relance du logement

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) soutient la création d’un troisième programme national de renouvellement urbain (PNRU3), mais estime que sa réussite dépendra de financements suffisants, d’un ciblage clair des quartiers et d’une meilleure prise en compte des besoins des habitants. Son avis, adopté le 5 juin 2026, porte sur l’article du projet de loi consacré à ce programme : il s’agit de recommandations, et non de mesures déjà entrées en vigueur. À la date du 20 octobre 2026, le Sénat a adopté le projet de loi et la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale l’a examiné et adopté ; le texte n’est pas encore devenu une loi. (lecese.fr)

A stunning aerial shot of the Reunification Monument surrounded by greenery in Yaoundé, Cameroon.
K · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Un nouveau programme pour transformer les quartiers

Explore Strasbourg's urban landscape with a tram and river view from above in autumn.
Julien Goettelmann · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Le PNRU3 est conçu pour prendre le relais du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), dont les engagements s’achèvent en 2027. Le projet prévoit un programme couvrant la période 2026-2040, piloté par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Les opérations peuvent associer rénovation ou reconstruction de logements, équipements publics, espaces extérieurs, mobilités et services : le renouvellement urbain ne concerne donc pas seulement les bâtiments, mais aussi les conditions de vie dans les quartiers. (lecese.fr)

Le contexte donne la mesure des enjeux. Selon les chiffres repris par le CESE, la France métropolitaine compte, depuis 2024, 1 362 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), rassemblant 5,3 millions de personnes, soit 8 % de la population. En 2025, 247 QPV supplémentaires sont recensés dans les territoires ultramarins. Ces quartiers peuvent cumuler difficultés sociales et fragilités urbaines ou environnementales, comme l’accès inégal aux services, la précarité énergétique ou l’exposition aux fortes chaleurs. (lecese.fr)

Financement et quartiers concernés : les points de vigilance

Le projet de loi prévoit une enveloppe de 5 milliards d’euros sur quinze ans et cible au minimum 150 quartiers, en métropole et outre-mer. Le CESE considère ces 5 milliards comme un montant de lancement, à réévaluer en fonction des coûts et des projets retenus. Pour comparaison, les deux programmes précédents ont chacun atteint 12 milliards d’euros, après révisions en cours de déploiement. Ces montants ne signifient pas que chaque quartier reçoit une somme identique : les projets reposent sur plusieurs financeurs et les concours varient selon les opérations. (lecese.fr)

Le Conseil juge également prématuré de fixer le périmètre à 150 quartiers, alors que les besoins sont nombreux et que les deux précédents programmes ont concerné environ 500 quartiers chacun. Il admet que des centres anciens dégradés ou des territoires en déprise puissent aussi être concernés, mais demande que les QPV restent prioritaires. Il recommande en outre de limiter à 20 % la part de l’enveloppe attribuée à des territoires hors QPV. Pour les outre-mer, il appelle à inscrire plus explicitement les besoins spécifiques dans le programme, notamment ceux liés à l’insularité, au coût des matériaux, aux risques climatiques et à l’habitat insalubre ou informel. (lecese.fr)

Partir des usages et associer les habitants

Le CESE défend une approche qui ne réduise pas le renouvellement urbain aux démolitions et aux constructions. Il recommande de réaliser, dès la préparation des projets, des diagnostics environnementaux, sanitaires et démographiques : chaleur en ville, qualité de l’air, accès aux soins, risques d’inondation, mais aussi usages des espaces par les personnes âgées, les personnes handicapées ou les familles monoparentales. Ces constats devraient éclairer les choix d’aménagement et l’arbitrage entre réhabiliter et démolir. (lecese.fr)

Le Conseil souhaite également que les habitants soient associés plus concrètement aux décisions, notamment grâce à des objectifs mesurables de concertation et à des consultations avant les démolitions. Il préconise de préserver l’offre de logements sociaux lorsqu’une démolition est nécessaire, d’inscrire des engagements environnementaux dans les conventions ANRU et de mieux relier les chantiers à l’emploi local. Ce sont des propositions du CESE, pas des obligations déjà applicables. (lecese.fr)

Ce que l’avis permet — et ne permet pas — de conclure

L’avis du CESE soutient le principe du PNRU3 tout en alertant sur ses conditions de mise en œuvre. Il ne mesure pas les effets futurs du programme et ne permet pas d’affirmer que les rénovations amélioreront automatiquement l’accès aux services, l’emploi ou le cadre de vie : ces résultats dépendront des projets, de leur financement et de leur réalisation. Le CESE précise aussi que sa saisine portait sur l’article consacré au renouvellement urbain, et non sur l’ensemble du projet de loi sur le logement. L’examen parlementaire peut encore modifier le texte ; à cette date, les recommandations du Conseil restent consultatives. (lecese.fr)


Source : Travaux du CESE

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

Voir le profil et tous les articles
POUR APPROFONDIR

Articles liés à ce sujet

Articles de la même rubrique ou associés à cette localité. Il s’agit de contenus liés, pas nécessairement de comptes rendus du même événement.

Artia13 Music
Compte
Temps de lecture gratuit05:00