Frappes russes à Kiev : un mort et un pont majeur fermé, la circulation paralysée
De nouvelles frappes de drones russes ont touché Kiev dans la nuit du jeudi 1er au vendredi 2 octobre 2026. Un immeuble résidentiel a été atteint, faisant un mort et deux blessés, tandis que la fermeture du pont Sud a fortement perturbé les déplacements entre les deux rives de la capitale. Le maire Vitali Klitschko juge la situation « dramatique » après ces attaques répétées.
Le pont Sud fermé, des déplacements très difficiles
Frappé par des drones, le pont Sud a été fermé à la circulation, a annoncé le maire de Kiev. L’ouvrage enjambe le Dniepr et supporte également une ligne de métro. Le trafic a aussi été limité sur les ponts Paton et Métro, selon Vitali Klitschko. Des restrictions temporaires ont par ailleurs été observées sur le pont Darnytsky par des journalistes de l’AFP.
La fermeture a provoqué d’importants embouteillages vendredi, notamment sur les axes qui longent le fleuve. Les déplacements d’une rive à l’autre sont devenus particulièrement difficiles. Tetiana Ossypenko, une couturière de 49 ans, a raconté avoir tenté pendant trois heures de rejoindre son travail sur la rive gauche, sans parvenir à traverser.
Kiev, ville d’environ trois millions d’habitants, s’appuie sur huit ponts pour relier les quartiers situés de part et d’autre du Dniepr. Selon les autorités ukrainiennes, le pont Sud avait déjà été frappé la veille. Ces attaques constituent les premières frappes importantes contre un pont majeur de la capitale depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en 2022. ()
Un bilan humain et une pression accrue sur la capitale
La même vague d’attaques a touché un immeuble résidentiel, tuant une personne et en blessant deux autres. Vitali Klitschko accuse Moscou de vouloir « saccager » Kiev. La capitale est ciblée par des bombardements répétés, alors que les sirènes d’alerte aérienne retentissent régulièrement.
L’ambassadrice de l’Union européenne à Kiev, Katarina Mathernova, a décrit le « chaos routier » provoqué par les frappes. Elle a souligné que les habitants devaient malgré tout conduire leurs enfants à l’école et se rendre au travail, ajoutant que la situation devenait « de plus en plus difficile ».
D’après l’armée ukrainienne, la Russie a lancé plus de 100 drones contre le pays dans la nuit du 1er au 2 octobre, dont près de 50 appareils à réaction, plus difficiles à intercepter. Kiev affirme en avoir neutralisé la majorité. Ces derniers mois, des attaques contre des trains et des stations-service ont également affecté des réseaux de transport ainsi que des sites logistiques et de communication dans la capitale et sa région.
Les frappes s’inscrivent dans une escalade plus large
Les bombardements de Kiev surviennent alors que la Russie intensifie ses attaques à travers l’Ukraine. De son côté, l’armée ukrainienne mène depuis plusieurs mois des frappes de représailles en territoire russe, notamment contre des raffineries. Le président Volodymyr Zelensky a affirmé vendredi que des sites pétroliers et militaires avaient été touchés dans plusieurs régions de Russie.
La veille, le président ukrainien avait annoncé la première utilisation au combat du FP-7, un missile balistique tactique fabriqué en Ukraine. Selon l’analyste géopolitique Ulrich Bounat, cette arme pourrait transporter une charge explosive d’environ 200 kilogrammes, contre 50 à 100 kilogrammes pour un drone. Sa portée resterait toutefois comprise entre 200 et 300 kilomètres. Le FP-9, présenté comme un modèle de prochaine génération, n’est pas encore prêt et pourrait, selon les éléments rapportés, atteindre plus de 800 kilomètres.
L’Ukraine reste confrontée à un manque de capacités antiaériennes face aux missiles balistiques russes et aux drones à réaction. Volodymyr Zelensky a indiqué au Financial Times que les F-16 fournis par des alliés étaient efficaces contre ces drones, tout en précisant qu’environ la moitié des appareils passaient de longues périodes en Europe pour des réparations et de l’entretien.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : RFI avec AFP
