Une œuvre liée à la forge royale d’Abomey
La statue représente Gou, divinité associée au fer, à la forge et à la guerre. Selon Damien Akati, maître forgeron et membre de la famille Akati, son ancêtre Akati l’a réalisée pour le roi Glèlè. La famille, qui se considère dépositaire du Vodoun Gou, situe sa création dans la forge royale d’Abomey.
Damien Akati explique que les siens n’ont jusqu’ici connu l’œuvre qu’en photographie. Il dit espérer que la demande des autorités béninoises aboutira et souligne l’importance de la statue pour sa famille et pour la cité où elle a été conçue.
Pillée en 1892, la sculpture est aujourd’hui réclamée par le Bénin à la France, aux côtés d’autres trésors. Son éventuel retour demeure incertain : la demande n’a pas encore abouti.
Un modèle pour les artistes d’Abomey
La valeur de la statue dépasse, pour les artistes locaux, sa seule dimension historique. Le sculpteur Modeste Affama, originaire d’Abomey et issu d’une famille de forgerons, explique que la maîtrise du métal visible dans l’œuvre nourrit sa propre pratique. Il précise s’en inspirer sans chercher à la reproduire.
Pour lui, le retour de la pièce permettrait aussi aux générations futures de mieux comprendre son parcours. La sculpture reste ainsi une référence artistique pour les créateurs de la ville, même si elle leur est connue principalement par des images.
Du culte à la mémoire
L’historien et chercheur en patrimoine Gabin Djimassè décrit le dieu Gou comme une réalisation singulière de l’époque royale du Danhomè. À ses yeux, l’œuvre témoigne à la fois de la place de l’artiste sous la royauté et de la manière dont cette création est regardée aujourd’hui.
Son statut a évolué au fil de son histoire. Gabin Djimassè estime qu’elle ne peut plus être utilisée comme elle l’était à l’époque royale : éloignée de son contexte d’origine, elle a acquis une fonction mémorielle. À Abomey, la famille Akati et les artistes attendent donc une éventuelle restitution d’une œuvre dont la portée est à la fois artistique, historique et symbolique.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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