Hélène Smith, première Suissesse sur Mars : quand l’extrême droite rêve de conquêtes intergalactiques !
Le fait principal
Hélène Smith, médium genevoise, a récemment retrouvé une place sous les projecteurs grâce à une exposition à la Biennale de Venise, qui célèbre ses visions martiennes et son influence sur l’art surréaliste.
Ce qui s’est passé
Hélène Smith, de son vrai nom Catherine-Élise Müller, est devenue célèbre entre 1894 et 1900 pour ses séances de spiritisme où elle prétendait communiquer avec des esprits, notamment ceux de personnalités comme Victor Hugo. Ses visions de Mars, qu’elle décrivait avec une précision troublante, ont captivé l’imagination de son époque. Elle a même créé une langue « martienne » qui a attiré l’attention de linguistes comme Ferdinand de Saus.
Le contexte
À la fin du 19e siècle, le spiritisme était en plein essor en Europe, offrant aux femmes une voix dans une société patriarcale. Les médiums, souvent des femmes, utilisaient cette pratique pour s’exprimer dans un monde qui leur était hostile. Hélène Smith a utilisé cette plateforme pour se forger une identité et explorer des thèmes de réincarnation et de contact extraterrestre, tout en étant observée par des scientifiques comme le psychologue Théodore Flournoy.
Les chiffres à retenir
Entre 1894 et 1900, Hélène Smith a animé environ 150 séances de spiritisme. Son travail a été documenté par Flournoy dans son livre Des Indes à la planète Mars, qui a contribué à sa renommée mondiale.
Ce que cela révèle
Le parcours d’Hélène Smith illustre à quel point les femmes ont souvent été réduites à des patientes anonymes dans l’histoire de la psychologie. Alors que Flournoy a gagné en notoriété, Smith a dû se battre pour que son œuvre soit reconnue. Aujourd’hui, alors que l’art surréaliste la célèbre, il est ironique de constater que son héritage a longtemps été éclipsé par ceux qui l’ont analysée. Dans un monde où le spiritisme était considéré comme une curiosité, Smith a ouvert la voie à une exploration des limites de l’esprit humain, tout en étant souvent moquée par ceux qui ne comprenaient pas son génie.
Ce qu’il faut retenir
Hélène Smith, figure emblématique du spiritisme et de l’art surréaliste, rappelle que l’histoire a souvent oublié les voix féminines. Alors que ses visions martiennes prennent une nouvelle vie dans le monde de l’art contemporain, il est essentiel de reconnaître le combat de ces femmes pour leur place dans l’histoire, au-delà des étiquettes de « folles » ou de « médiums ».
Source : Swissinfo.ch
