Bretagne : 90 millions de repas en sachet, l’entreprise en forte croissance fait face à l’indifférence des politiques.
Inariz, l’entreprise bretonne qui défie les conventions alimentaires
Inariz, spécialisée dans la production de repas en sachets micro-ondables, célèbre cette année ses 20 ans. Avec deux usines à Lamballe (22) et Plélan-le-Grand (35), l’entreprise produit 90 millions de repas par an, un chiffre qui témoigne de sa forte croissance.
Ce qui s’est passé
L’entreprise, fondée par Jean Bourdillon, a su s’imposer sur le marché des plats préparés grâce à une large palette de recettes allant du riz nature aux plats cuisinés variés. En septembre 2023, Inariz a racheté l’ancienne usine de Fleury-Michon à Plélan-le-Grand, permettant d’augmenter sa capacité de production. Ce rachat, accompagné d’un investissement de 23 millions d’euros, a redynamisé un site en déclin, et a permis de passer de 55-58 millions de poches produites par an à 90 millions.
Le contexte
La France, avec son attachement à la cuisine traditionnelle, reste en retard par rapport à d’autres pays européens comme l’Allemagne, où le format sachet est bien plus répandu. Pourtant, Inariz mise sur l’innovation en intégrant des tendances comme la « cuisine du monde » et les ingrédients hyperprotéinés pour séduire un public de plus en plus exigeant.
Les chiffres à retenir
- Chiffre d’affaires prévu : 60 millions d’euros à la fin de l’année.
- Nombre d’employés : 130 salariés.
- Production annuelle : 90 millions de poches de repas.
- Investissement dans l’usine : 23 millions d’euros pour la mise à niveau du site de Plélan-le-Grand.
Ce que cela révèle
Inariz se positionne comme un acteur clé dans un secteur en pleine mutation, mais il est intéressant de noter que cette réussite se heurte à des préjugés tenaces concernant les plats préparés. Pendant que l’entreprise se développe, d’autres, comme le Rassemblement National, prônent un retour à des valeurs « authentiques » et « traditionnelles ». Ironiquement, alors que le RN dénonce l’industrialisation des repas, des entreprises comme Inariz démontrent que l’innovation peut aussi rimer avec accessibilité et diversité.
Ce qu’il faut retenir
Inariz, avec son modèle économique tourné vers l’international et son engagement dans l’innovation, pourrait bien redéfinir les codes de l’agroalimentaire en France. Alors que le débat sur l’authenticité des plats fait rage, cette entreprise bretonne prouve que le progrès et la tradition peuvent coexister. Un bon repas en sachet, après tout, n’est peut-être pas si mal que ça, même si cela ne plaît pas à tout le monde.
Source : Le Télégramme
