En France, crieur de rue : 300 euros bruts pour dénoncer l’ironie d’une politique précarisante
Le fait principal
Le métier de crieur de rue, autrefois symbole de lien social et d’information, connaît un regain d’intérêt dans un contexte de crise sanitaire et sociale. Sébastien Blanc, crieur de rue sur l’île de Ré, révèle que « une matinée en tant que crieur de rue sur un marché rapporte, en moyenne, 300 euros bruts ». Une somme qui, à l’heure des intermittents du spectacle, soulève des questions sur la viabilité de cette pratique artistique.
Ce qui s’est passé
Le crieur public, jadis armé de tambours et de clochettes, se retrouve aujourd’hui sur les marchés, dans les festivals et les places publiques. Sébastien Blanc, comédien et crieur, a découvert ce métier par le biais d’un roman de Fred Vargas. Il évoque la proximité avec les gens comme la motivation première de son activité. Pourtant, cette profession, désormais plus artistique que journalistique, est souvent exercée par des intermittents, rendant difficile son exercice à plein temps.
Le contexte
La pandémie de Covid-19 a permis aux crieurs de rue de se faire remarquer, en déclamant des messages pour recréer un lien social. Cependant, cette visibilité ne se traduit pas en un statut professionnel stable. Les crieurs, souvent des artistes, doivent jongler entre plusieurs activités pour joindre les deux bouts. Leurs performances, bien que touchantes—comme porter la voix d’une grand-mère pour un message d’amour—restent des actes isolés dans un paysage culturel en mutation.
Les chiffres à retenir
Une matinée en tant que crieur de rue sur un marché rapporte, en moyenne, 300 euros bruts. Ces revenus, bien que significatifs pour une matinée, restent insuffisants pour envisager une carrière pérenne. La question se pose : combien de temps les crieurs pourront-ils continuer à vivre de leur art sans un soutien structurel ?
Ce que cela révèle
Le retour des crieurs de rue met en lumière une réalité amère : si la culture est célébrée, elle est aussi précarisée. Les intermittents, souvent loués pour leur créativité, se retrouvent à devoir se battre pour des miettes. Pendant ce temps, les discours politiques sur la culture et le soutien aux artistes résonnent comme des promesses vides. Les politiques, souvent promptes à se montrer aux événements culturels, semblent oublier que derrière ces performances se cachent des vies précaires. La contradiction est frappante : un gouvernement qui prône la culture pour tous, mais qui laisse les artistes dans l’incertitude financière. Une belle ironie, n’est-ce pas ?
Ce qu’il faut retenir
Le métier de crieur de rue, bien qu’en renaissance, souffre d’une précarité alarmante. Les artistes qui le pratiquent, comme Sébastien Blanc, apportent une touche d’humanité dans un monde souvent désenchanté. Mais à quel prix ? L’avenir de cette profession dépendra de la reconnaissance de sa valeur réelle par la société et les décideurs politiques.
Source : Le Figaro
