« Agriculture en déroute : l’extrême droite promet des terres, mais les agriculteurs s’en vont ! »
La dernière génération d’agriculteurs européens face à un défi colossal
En Europe, une génération d’agriculteurs est en péril. Les jeunes de moins de 40 ans représentent seulement 12 % du secteur primaire, où l’âge moyen est de 57 ans. Face à ce constat alarmant, des figures comme Luis Pérez Portilla et Gonzalo Vázquez, deux jeunes agriculteurs en Espagne, incarnent l’espoir d’un renouveau. Mais leur lutte pour la survie de leurs exploitations soulève des questions cruciales sur l’avenir de l’agriculture en Europe.
Ce qui s’est passé
À Escobedo, dans le nord de l’Espagne, Luis, 35 ans, dirige une fromagerie avec son frère. Après avoir quitté la ville pour reprendre l’exploitation familiale, il a investi dans la diversification de ses activités. À Torrelavega, Gonzalo, 36 ans, surveille sa ferme laitière, héritée de son père. Tous deux partagent un constat amer : sans héritage foncier, il est quasiment impossible de se lancer dans l’agriculture. Ce constat est partagé par des jeunes agriculteurs à travers l’Europe, notamment en Grèce et en Bulgarie, où l’accès à la terre et au crédit est un obstacle majeur.
Le contexte
La Commission européenne a récemment souligné l’importance du renouvellement générationnel dans l’agriculture, le qualifiant de “fondamental pour la sécurité alimentaire, la durabilité, et la compétitivité” de l’Europe rurale. Pourtant, l’absence de politiques efficaces de transmission foncière et la flambée des prix des terres rendent cette transition presque impossible. En Espagne, aucune stratégie claire n’est mise en place pour aider les nouveaux agriculteurs à accéder à des terres productives.
Les chiffres à retenir
- 12 % des agriculteurs en Europe ont moins de 40 ans.
- L’âge moyen des agriculteurs en Europe est de 57 ans.
- En Grèce, seulement 7,2 % des chefs d’exploitation ont moins de 40 ans.
- En 2025, l’agriculture a généré une valeur ajoutée brute estimée à 251,8 milliards d’euros, représentant 1,3 % du PIB de l’UE.
Ce que cela révèle
La situation actuelle met en lumière un paradoxe : alors que l’agriculture est essentielle pour l’économie européenne, elle est largement dominée par une population vieillissante. Les promesses de renouvellement et de soutien aux jeunes agriculteurs semblent vides face à la réalité du terrain. Les jeunes agriculteurs, souvent perçus comme des entrepreneurs innovants, se heurtent à des structures rigides et à un manque de soutien. Les discours politiques sur la nécessité de revitaliser l’agriculture rurale sont contredits par l’absence d’actions concrètes.
Ce qu’il faut retenir
La survie de l’agriculture européenne dépend d’une véritable volonté politique de soutenir les jeunes agriculteurs. Sans un accès facilité à la terre et au crédit, la promesse d’un avenir agricole florissant s’évanouit, laissant place à une désertification rurale inquiétante. L’amour de la terre, comme le souligne Luis, ne suffit pas à lui seul à faire vivre une exploitation. Il est temps d’agir.
Source : El Confidencial
