France : Des milliers s’opposent au ‘permis de tuer’ des policiers, un cadeau empoisonné pour la sécurité
Le fait principal
Des milliers de manifestants ont défilé à Montpellier ce dimanche 20 septembre 2026, s’opposant à la loi de présomption de légitime défense des policiers, surnommée « permis de tuer » par ses détracteurs. Plus de 3 000 personnes ont pris part à cette marche nationale, alors que le texte, déjà adopté par l’Assemblée nationale, doit être examiné par le Sénat en octobre.
Ce qui s’est passé
À Montpellier, le cortège a exprimé un fort mécontentement face à cette loi qui permettrait aux forces de l’ordre de justifier leurs tirs sans avoir à prouver leur légitimité lors d’une enquête. « Maintenant, c’est à nous de nous défendre quand ils abusent de leur pouvoir ! », a dénoncé une manifestante, soulignant l’importance des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux qui documentent les abus policiers.
L’appel du collectif Stop aux violences d’État a trouvé un écho auprès de plus de 150 organisations, dont Amnesty International et la Ligue des droits de l’homme, ainsi que des partis politiques tels que le Parti socialiste et La France insoumise.
Le contexte
Cette mobilisation intervient dans un climat politique tendu, à moins d’un an des élections présidentielles, où l’extrême droite est en tête des sondages. Les manifestants craignent que cette loi ne fragilise davantage le droit des victimes de bavures policières, inversant la charge de la preuve. « C’est un refus du droit », s’inquiète Carole Mourey d’Amnesty International, en soulignant que ce sera désormais aux familles de prouver que le policier a abusé de son pouvoir.
Les chiffres à retenir
La pétition contre cette loi a recueilli 730 000 signatures, mais a été classée par les députés en juillet dernier. Des manifestations similaires se sont également tenues dans d’autres villes, comme Perpignan, où 300 personnes ont protesté.
Ce que cela révèle
Ce texte de loi, voté le 7 juillet, marque une étape inquiétante dans la relation entre l’État et ses citoyens. Les promesses de sécurité et de protection de la population semblent se heurter à une réalité où la répression des mouvements sociaux est de plus en plus présente. « Ça va criminaliser encore plus tous les mouvements sociaux », prévient un jeune homme, alertant sur un climat de tension croissant. La police de proximité, qui était censée instaurer un lien de confiance avec les citoyens, semble désormais une chimère.
Ce qu’il faut retenir
Le projet de loi sur la présomption de légitime défense des policiers est devenu un symbole des dérives potentielles de la répression étatique, incitant à une mobilisation massive et à une inquiétude généralisée face à l’avenir de la démocratie en France.
Sources : France 3 Occitanie, Amnesty International
