Cybastion : Quand 171 milliards de FCFA pour le Sénégal font briller l’ombre de l’extrême droite !
Le fait principal
Le 14 septembre, lors de sa mission aux États-Unis, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé un partenariat avec l’entreprise américaine Cybastion pour mobiliser environ 300 millions de dollars en faveur du numérique sénégalais.
Ce qui s’est passé
À Washington, le président Faye a reçu une délégation de Cybastion, dirigée par son PDG Thierry Wandji. Ce montant, annoncé avec grandiloquence, est censé financer divers projets dans les domaines de la cybersécurité, de la lutte contre la cybercriminalité et du renforcement des compétences. Cependant, aucun détail concret n’a été fourni sur les contrats, la répartition des fonds ou le calendrier d’exécution. Tout cela ressemble plus à une promesse qu’à un engagement ferme.
Le contexte
Cybastion, fondée en 2019 et co-dirigée par un Camerounais, a déjà une expérience notable dans la sécurisation numérique en Afrique francophone. Ce partenariat s’inscrit dans un cadre plus large de transformation numérique au Sénégal, un pays qui a récemment été la cible de cyberattaques compromettant des données sensibles. Les autorités sénégalaises, déjà sous pression économique avec une dette publique atteignant 132 % du PIB, semblent prêtes à accepter des conditions floues pour attirer des investissements.
Les chiffres à retenir
– 300 millions de dollars annoncés pour le numérique sénégalais.- 132 % de dette publique par rapport au PIB fin 2024.- Près de 170 milliards de francs CFA, équivalent à 300 millions de dollars, à intégrer dans le New Deal Technologique évalué à 1 105 milliards de francs CFA sur 2025-2034.
Ce que cela révèle
Cette annonce soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. La « mobilisation » de fonds, plutôt qu’un véritable investissement, évoque un engagement à chercher des financements plutôt qu’un soutien immédiat. Le flou entourant la répartition des fonds et les critères de sélection des start-up sénégalaises à impliquer soulève des doutes sur la transparence du processus. Alors que le président Faye prône la rigueur financière, les modalités de ce partenariat semblent tout sauf claires, laissant planer le spectre d’un nouveau projet qui pourrait s’ajouter à la liste déjà longue des promesses non tenues.
Ce qu’il faut retenir
Le partenariat avec Cybastion pourrait être un tournant pour le numérique sénégalais, mais le manque de détails précis et la situation financière précaire du pays rendent cet engagement plus que problématique. À l’heure où la transparence devrait être la règle, le flou ambiant ne fait qu’alimenter les inquiétudes quant à la gestion future de ces fonds. Les Sénégalais méritent des réponses, et surtout des actes concrets.
Source : Pan African Visions, Jeune Afrique, S&P Global
