«À un moment, il faut vivre»: l’histoire de Yulia, veuve d’un héros d’Azov

Yulia Herasimova : Lutte pour la reconnaissance d’une veuve de soldat en Ukraine

Quand Bogdan est décédé en juillet 2022, il n’était pas marié, ce qui a conduit l’État ukrainien à ne pas reconnaître Yulia Herasimova comme veuve, ni leur fille Solomiia comme orpheline. Yulia a dû se battre pour que sa fille puisse bénéficier des indemnités financières destinées aux familles de soldats tombés au front. Dans un pays où des milliers de soldats ont été tués, des situations similaires ne sont pas rares.

À Pozniaky, sur la rive gauche du Dniepr, Kyiv présente un visage différent. Loin des collines et des dômes dorés, cette banlieue résidentielle dense est marquée par des tours d’habitation alignées entre parkings et commerces. Yulia vit au quatrième étage d’un de ces immeubles modernes. En raison des fréquentes coupures d’électricité, elle évite d’utiliser l’ascenseur.

À l’intérieur de son appartement, Yulia, trentenaire aux cheveux châtain clair, demande à ses visiteurs d’enlever leurs chauss et de fermer la porte pour conserver la chaleur. En cette fin d’après-midi de février, sans électricité ni eau, son quotidien est marqué par des adaptations face aux coupures de courant : ampoule rechargeable, réchaud à gaz, et batteries externes pour alimenter le Wi-Fi. Du scotch est utilisé pour colmater les infiltrations d’air, et les stores sont tirés pour limiter le froid.

« Ça m’évite de voir quand les voisins d’en face ont de l’électricité et pas nous », plaisante Yulia, malgré son désarroi de ne pas pouvoir offrir de thé ou de café.

Dans sa chambre, le radiateur est tiède, et elle s’y réchauffe dans un survêtement en pilou. Lorsqu’il fait trop froid ou qu’il n’y a pas de courant, Yulia et Solomiia, âgée de 6 ans, se rendent au café du quartier pour faire leurs devoirs. « On mange un repas chaud, elle fait ses exercices et ensuite on rentre. Solomiia aime jouer dehors. On vit dehors. On ne rentre ici que pour dormir », déclare-t-elle. Elle souligne que la vie n’est pas si compliquée et qu’il n’est pas nécessaire de dramatiser les coupures de courant.

La situation de Yulia illustre les défis auxquels font face de nombreuses familles en Ukraine, amplifiés par le contexte de guerre et de pertes humaines.

Source : Lundi13 / Niels Ackermann

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