À Chypre, des législatives sous le signe de la fragmentation politique et de la percée de l’extrême droite

À Chypre, des législatives sous le signe de la fragmentation politique et de la percée de l’extrême droite

Les élections législatives de ce dimanche 24 mai devraient redessiner le paysage politique de Chypre. Les deux principaux partis, les conservateurs et la gauche, semblent perdre du terrain, tandis que l’extrême droite émerge, capitalisant sur un discours anti-immigration. L’île est divisée en une partie grecque au sud, reconnue internationalement, et une partie turque au nord, que seule Ankara reconnaît. Ce scrutin pourrait également avoir des implications sur le projet de réunification de l’île.

Le bipartisme est remis en question, avec une forte poussée de l’extrême droite. Le Front national populaire (ELAM) devrait enregistrer un score historique, approchant les 10 %, grâce à sa rhétorique anti-immigration. Parallèlement, une multitude de jeunes partis et de candidats indépendants tentent de rompre avec la politique traditionnelle, en proposant des projets axés sur l’anti-corruption, le pro-européisme et la démocratie directe.

Environ 650 000 électeurs sont appelés aux urnes, avec plus de 750 candidats en lice pour seulement 56 sièges. Une question demeure en suspens : une reprise des négociations pour la réunification de l’île est-elle envisageable ? L’élection d’un modéré, Tufan Erhürman, côté turc en octobre dernier, laisse entrevoir cette possibilité, surtout en faveur d’une intégration d’une Chypre réunifiée dans l’Union européenne. Côté grec, les partis favorables au compromis doivent faire face à la montée de l’extrême droite, ce qui pourrait redonner un élan aux discussions sur la réunification, qui stagnent depuis dix ans.

Source : RFI

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