Yémen : les Houthis font état de 26 frappes saoudiennes en 24 heures
Yémen : les Houthis annoncent 26 frappes saoudiennes en 24 heures, les civils pris dans l’escalade
Le fait principal
Les Houthis affirment que l’Arabie saoudite a mené 26 frappes aériennes en 24 heures sur la province de Taëz, dans l’ouest du Yémen. Cette annonce, faite vendredi 18 septembre 2026 par leur porte-parole militaire, Yahya Saree, intervient après l’intensification des combats contre les forces gouvernementales soutenues par Riyad. Ce décompte reste celui d’un belligérant, pas un bilan établi indépendamment. (icibeyrouth.com)
Les conséquences humanitaires, elles, sont documentées par les Nations unies : au moins 112.000 personnes déplacées au Yémen et près de 3.000 personnes réfugiées à Djibouti. Derrière les positions conquises et les objectifs bombardés, des familles perdent de nouveau leur foyer. (internazionale.it)
Ce qui s’est passé
Selon Yahya Saree, les raids auraient été effectués par des F-15 partis de la base saoudienne de Khamis Mushait. Le mouvement armé soutenu par l’Iran avance un total d’environ 300 frappes saoudiennes sur la semaine. (icibeyrouth.com)
Dans la nuit du 18 au 19 septembre, une forte explosion a également été entendue à Riyad après une alerte adressée à la population, selon un journaliste de l’AFP. Ce signalement ne permet pas, à lui seul, d’établir la nature de l’explosion ni un bilan. (icibeyrouth.com)
Sur le terrain humanitaire, l’Organisation internationale pour les migrations décrit des routes inaccessibles, des communications perturbées et des stocks d’aide qui s’épuisent rapidement. Certaines familles fuient pour la deuxième ou la troisième fois. La guerre ne leur laisse même plus le luxe de repartir de zéro. (transcripts.un.org)
Le contexte
Le conflit a commencé en 2014 avec la prise de Sanaa par les Houthis. En mars 2015, une coalition menée par l’Arabie saoudite est intervenue. L’accalmie issue de la trêve de 2022 s’est brisée en juillet 2026, sur fond de confrontation autour de l’atterrissage d’un avion iranien au Yémen, rapporte l’AFP. (icibeyrouth.com)
L’offensive houthie de septembre a renforcé l’emprise du mouvement sur le littoral de la mer Rouge et autour de Bab el-Mandeb. Ce détroit relie la mer Rouge au golfe d’Aden, sur la route maritime passant par Suez. Les combats touchent donc aussi une voie commerciale internationale majeure. (brecorder.com)
Mais réduire cette guerre à une menace sur les cargaisons serait regarder le Yémen par le mauvais bout de la longue-vue. Le 16 septembre, l’UNICEF alertait sur les fermetures d’écoles et les perturbations des services de santé provoquées par les hostilités. (unicef.fr)
Les chiffres à retenir
- 26 frappes en 24 heures et environ 300 sur la semaine : les décomptes annoncés par les Houthis, à distinguer de données vérifiées indépendamment. (icibeyrouth.com)
- Au moins 112.000 personnes déplacées au Yémen : chiffre communiqué le 18 septembre par l’agence des Nations unies pour les migrations. (internazionale.it)
- Près de 3.000 personnes arrivées à Djibouti : le HCR décrit des traversées dangereuses à bord de petites embarcations, en moins d’une semaine. (transcripts.un.org)
- Cinq navires transportant des produits saoudiens : ils ont quitté la mer Rouge par Bab el-Mandeb depuis le 11 septembre, soit environ un tiers du trafic hebdomadaire habituel depuis janvier, selon les données Kpler rapportées par l’AFP. Ce chiffre ne représente pas l’ensemble du trafic du détroit. (icibeyrouth.com)
- Plus de 57.000 enfants déplacés en deux semaines : estimation publiée par l’UNICEF le 16 septembre, antérieure au bilan global du 18 septembre. (unicef.fr)
- 243 écoles fermées ou ayant suspendu les cours : plus de 137.000 élèves sont concernés, selon le même communiqué de l’UNICEF. (unicef.fr)
Ce que cela révèle
La catastrophe ne se limite pas aux bombardements. Elle atteint aussi la possibilité de soigner, de nourrir et de protéger. Selon l’OMS, seuls 60 % des établissements de santé évalués fonctionnent pleinement. Les capacités complètes de prise en charge des traumatismes ne sont disponibles que dans 6 % des structures examinées. Les blessés arrivent dans un système déjà à bout de souffle. (transcripts.un.org)
Les responsabilités des Houthis ne doivent pas davantage disparaître derrière leurs communiqués militaires. Le 18 septembre, l’ONU indiquait que 73 membres de son personnel restaient arbitrairement détenus par leurs autorités. Ces détentions, les occupations de locaux et les saisies de matériel compromettent l’acheminement de l’aide. Dénoncer les frappes saoudiennes n’oblige pas à fermer les yeux sur ces entraves. (transcripts.un.org)
Le constat politique est brutal : mer la puissance à des kilomètres de côte conquis ou au nombre de raids effectués ne dit rien de la sécurité rendue aux habitants. Une école fermée n’est pas une victoire. Une famille contrainte de traverser la mer pour survivre non plus.
Ce qu’il faut retenir
Les 26 frappes restent une affirmation houthie. L’exode des civils est, lui, documenté par l’ONU. La priorité devrait être la désescalade, la protection des populations et l’accès humanitaire sans entrave, comme le demandent les Nations unies. Pas un nouveau concours de communiqués victorieux sur les ruines du pays. (icibeyrouth.com)
