Nicaragua : Washington sanctionne deux fils du couple Ortega-Murillo, “coup dur” pour le régime

Sanctions américaines contre les fils d’Ortega et Murillo : un coup dur pour le régime nicaraguayen

Le Nicaragua est à nouveau dans le viseur des États-Unis. Le 16 avril, le département du Trésor américain a imposé des sanctions à deux enfants du couple présidentiel, Daniel Ortega et son épouse Rosario Murillo, en raison de leur rôle dans le maintien de la dictature et de leurs liens avec le secteur minier, soutenu par la Chine et accusé de financer le régime, rapporte CNN.

Les concernés sont Daniel Edmundo et Maurice Ortega Murillo, deux des neuf enfants du couple dirigeant. Selon le média nicaraguayen Artículo 66, ils ont occupé des postes stratégiques au sein de l’appareil d’État, contribuant à relayer une propagande alignée sur les orientations de Rosario Murillo.

Cette mesure, considérée par Infobae comme l’un des “coups les plus durs portés à l’encontre du régime”, fait partie d’un ensemble de sanctions visant cinq responsables politiques et sept entreprises liées à l’industrie minière, un pilier du pouvoir. Le département du Trésor américain a déclaré dans un communiqué : « Le régime Murillo-Ortega a cherché à remplir ses propres caisses à travers plusieurs sociétés minières aurifères et leurs complices, en confisquant des investissements américains au Nicaragua et en les exploitant pour générer des fonds destinés à maintenir son pouvoir. »

Réseau complexe de sociétés écrans

Le journaliste nicaraguayen exilé Wilfredo Miranda Aburto rappelle dans les colonnes d’El País América que depuis 2020, la famille Ortega-Murillo a restructuré le secteur minier en un “réseau complexe de sociétés écrans destiné à générer des devises, blanchir des avoirs et renforcer son contrôle politique”. Ce réseau est piloté par deux figures déjà sanctionnées, Laureano Ortega Murillo, souvent désigné comme le probable “héritier de la succession dynastique”, et le ministre de l’Énergie et des Mines, Salvador Mansell Castrillo.

Dans ce contexte, Nicaragua Investiga souligne que “les perspectives pour le Nicaragua sont sombres” et indique que le secteur minier, qui a généré plus de 2 milliards de dollars en 2025, subit des sanctions risquant de fragiliser ses exportations vers les États-Unis, principal partenaire commercial du pays.

Washington envisagerait d’exclure définitivement le Nicaragua du CAFTA-DR, un accord de libre-échange entre les États-Unis, l’Amérique centrale et la République dominicaine. Cette situation, selon plusieurs sources de Managua, alimenterait “un climat de peur dans le cercle intime de la famille Ortega-Murillo”.

Depuis les manifestations réprimées dans le sang de 2018, le couple Ortega-Murillo a consolidé son pouvoir en réformant presque entièrement la Constitution. Ce revirement a été décrit par The Economist en 2022 comme “la plus forte détérioration démocratique depuis 2011”, poussant des milliers de Nicaraguayens à fuir le pays.

Alors que les élections générales sont prévues pour 2027, plusieurs organisations ont noté des “conditions optimales” pour une éventuelle transition démocratique, selon Bloomberg, mais cet espoir reste fragile, alimenté par une série de sanctions américaines et une augmentation des condamnations internationales.

Sources : CNN, Infobae, Artículo 66, El País América, Nicaragua Investiga, Bloomberg.

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