
Vrai ou faux Guerre au Moyen-Orient : la France est-elle dans une meilleure situation qu’en 2022 sur le plan des énergies, comme l’affirme Maud Brégeon ?
De nombreux responsables politiques appellent le gouvernement à prendre des mesures fiscales pour limiter la hausse des prix à la pompe, comme en 2022. Inutile selon la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Brégeon, car la situation n’est pas la même. C’est vrai, mais il faut nuancer cette affirmation.
En pleine guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis, le prix du baril de WTI (référence américaine) s’élevait à 115 dollars, tandis que le Brent de Mer du Nord (référence en Europe) atteignait 116 dollars, enregistrant une hausse d’environ 30%, un niveau sans précédent depuis 2022, à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Ce conflit affecte directement les prix à la pompe en France. Plusieurs responsables politiques demandent au gouvernement d’agir comme en 2022, mais la ministre Maud Brégeon souligne que « nous sommes dans une situation très différente de celle de 2022 puisque le parc nucléaire fonctionne à plein et joue ce rôle de tampon ».
Actuellement, la France est moins dépendante énergétiquement qu’en 2022. Le taux d’indépendance énergétique, défini comme le ratio entre la production et la consommation d’énergie, était de 50,6% en 2022. En 2024, ce taux a atteint 61%. Cette amélioration est principalement due à la reprise de la production d’électricité nucléaire, qui avait chuté en 2022 à son plus bas niveau depuis 1988 en raison de l’arrêt de nombreuses centrales pour réparations. En 2024, la production nucléaire a rebondi de près de 30%.
Cependant, la France reste encore loin de l’indépendance énergétique totale. Actuellement, le pétrole et le gaz représentent 56% du mix énergétique, tandis que l’électricité ne constitue que 27%. La France importe quasiment l’intégralité des hydrocarbures qu’elle consomme. Les pays de l’Opep, dont l’Arabie saoudite et l’Iran, fournissent 40% du pétrole, tandis que les États-Unis et la Norvège sont également des fournisseurs importants.
Même un changement d’importation vers les États-Unis n’aurait pas d’impact significatif sur les prix, car le marché pétrolier est mondial et dépend de l’offre et de la demande. Emmanuel Ampaud, président de la FF3C, souligne que le problème réside principalement dans le manque de pétrole raffiné, nécessaire pour les véhicules, alors que les États-Unis n’exportent que du pétrole brut vers l’Europe.
Ainsi, bien que la France ait renforcé son indépendance énergétique depuis 2022, elle demeure vulnérable aux fluctuations des prix mondiaux du pétrole et de l’énergie.
Source : Franceinfo.





