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Violences du 17 octobre : Sebastian Roché juge prématurées les accusations visant l’ultragauche

Dans un entretien publié le 23 octobre, le sociologue et chercheur au CNRS Sebastian Roché appelle à la prudence dans l’analyse des violences survenues en marge des manifestations du 17 octobre. Il conteste l’idée d’une convergence organisée entre les groupes mobilisés et juge fragiles les accusations attribuant les dégradations de bâtiments publics à l’ultragauche.

Man holding a 'Stop the Violence' sign with barbed wire emphasizing peace and protest.
Pavel Danilyuk · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Des groupes sans objectif commun

Pour Sebastian Roché, les manifestations du 17 octobre ne peuvent pas être décrites comme une convergence des luttes au sens strict. Une telle convergence supposerait des objectifs partagés, ce qu’il ne constate pas entre les différents groupes.

Les lycéens mobilisés, explique-t-il, poursuivent leur propre agenda et sont peu structurés. Il n’existerait ni mécanisme d’intégration nationale des luttes ni coordination forte, et encore moins de coordination syndicale. Cette analyse écarte l’hypothèse d’un mouvement unifié, sans pour autant établir qui a participé aux violences.

Des accusations jugées fragiles

L’entretien aborde également les révélations de Mediapart sur de possibles consignes adressées aux renseignements territoriaux afin de mettre en cause La France insoumise dans les violences. Roché indique que ces révélations rejoignent des hypothèses qu’il avait formulées auparavant, tout en précisant qu’il ne disposait pas de preuves.

Il souligne que les renseignements territoriaux sont placés sous l’autorité des directeurs territoriaux de la police. Selon lui, cette organisation peut réduire leur autonomie d’analyse : les responsables hiérarchiques donnent des orientations et relisent les notes produites. Roché estime que, dans ces conditions, les informations transmises peuvent servir à conforter la position du ministre plutôt qu’à éclairer indépendamment la situation. Il s’agit de son analyse du fonctionnement du service, et non d’une preuve établissant que des consignes précises ont été données dans cette affaire.

Qui a dégradé les bâtiments publics ?

Sur les dégradations de mairies et d’autres bâtiments publics, le sociologue juge que l’identité des personnes impliquées demeure incertaine et que les imputations avancées sont fragiles. Il distingue ces cibles des lieux généralement associés à la mouvance autonome, qu’il décrit comme visant plutôt des symboles du capitalisme globalisé ou financier, tels que des enseignes de restauration rapide, des banques ou des assurances.

Roché rapproche davantage les atteintes aux bâtiments publics de phénomènes associés aux révoltes des banlieues que des pratiques de l’extrême gauche. Cette distinction relève de son interprétation des modes d’action ; elle ne permet pas, à elle seule, d’identifier les auteurs des dégradations du 17 octobre.


Source : Ouest France.fr – L'actualité en direct, en continu et en images (www.ouest-france.fr)

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Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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