Les collectes en ligne se multiplient après les violences du 17 octobre et des jours suivants, qui ont touché au moins 3 000 commerces en France, selon le gouvernement. Elles financent le soutien aux commerçants sinistrés et les premières opérations de sauvegarde de bâtiments endommagés, notamment l’hôtel de ville de Limoges, ravagé par un incendie.

Les cagnottes soutiennent les commerces sinistrés

Leetchi recensait 79 cagnottes destinées aux commerçants touchés, pour 185 653 euros réunis au total, selon un décompte rapporté par Le Parisien le mardi 20 octobre. Une vingtaine d’autres collectes avaient été lancées sur Tribee. Des appels circulaient également sur GoFundMe, HelloAsso et les réseaux sociaux.
La cagnotte ouverte pour Hassan, commerçant dont le magasin de téléphonie a été pillé, avait dépassé 94 000 euros au 20 octobre, avec la participation de plus de 9 000 personnes. Les images de l’homme en larmes devant sa boutique avaient largement circulé en ligne.
D’autres commerçants sollicitent leurs clients en publiant des photos de leurs magasins dégradés. La boutique indépendante Je Suis à Vélo, ouverte un an plus tôt, a ainsi indiqué ne pas savoir si elle pourrait reprendre son activité et avoir besoin de soutien. Le salon de coiffure parisien No Limit a lui aussi lancé un appel aux dons : près de 6 000 euros avaient été réunis pour aider le barbier.
Les collectes attirent aussi des fraudeurs. Le gérant du Micromania de Nice a alerté sur de fausses cagnottes créées en usurpant son identité. La multiplication des appels aux dons rend donc nécessaire de vérifier qu’une collecte est bien liée au commerce qu’elle prétend soutenir.
À Limoges, la collecte dépasse 287 000 euros
L’incendie de l’hôtel de ville de Limoges a suscité une mobilisation particulière. La toiture et le beffroi se sont effondrés dans les flammes. L’édifice, inscrit au titre des monuments historiques depuis 1975, a été au centre d’un rassemblement réunissant près de 7 000 personnes le dimanche 18 octobre.
La Fondation du patrimoine et la municipalité ont ouvert une collecte pour financer les premières mesures de sauvegarde et préparer la restauration. Elle a dépassé 287 000 euros, selon le décompte publié par la Fondation. Les fonds doivent notamment contribuer à protéger les parties encore intactes et à préserver les éléments pouvant être sauvés.
Stéphane Bern a déclaré sur Instagram qu’il s’engagerait en faveur d’une restauration à l’identique. À l’échelle nationale, des élus et des citoyens s’étaient également rassemblés devant des mairies le lundi 19 octobre, à l’appel de l’Association des maires de France, pour protester contre les violences.
Des élus demandent un soutien de l’État
À Limoges, le maire Guillaume Guérin (LR) a dénoncé le manque de moyens face aux casseurs et menacé de démissionner si l’État ne s’engageait pas à financer la reconstruction. Dans une lettre, le Premier ministre Sébastien Lecornu lui a répondu que la mairie serait reconstruite avec l’aide de l’État. Un déplacement de Sébastien Lecornu à Limoges était annoncé pour le vendredi 23 octobre.
Les assurances de l’État ne suffisent pas à convaincre tous les élus. Didier Gonzales, maire LR de Villeneuve-le-Roi, dénonce des promesses non tenues : trois ans après l’incendie de sa mairie lors des émeutes de 2023, le bâtiment attend toujours d’être remis en état.
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Auteur : leJDD







