Le 21 octobre, Volodymyr Zelensky s’est dit prêt à geler les combats sur la ligne de front actuelle, tandis que le Kremlin évoquait des discussions en novembre. En Ukraine, cette ouverture diplomatique suscite des interrogations : plusieurs voix citées par des médias locaux redoutent que Kiev ne se retrouve sans stratégie face aux pressions de Moscou et de Washington.

Un cessez-le-feu, mais à quelles conditions ?

Dans un entretien accordé à Fox News, le président ukrainien a déclaré être prêt à « geler le front dès maintenant ». Le même jour, selon le média ukrainien Glavkom, le Kremlin a indiqué que des discussions pourraient se tenir en novembre.
Ces deux déclarations ne signifient pas, à elles seules, qu’un accord est en vue. Le politologue Oleh Saakian y voit plutôt la poursuite d’une pression sur l’Ukraine. Interrogé par Gazeta.ua, il accuse Donald Trump de vouloir pousser Kiev à capituler tout en préservant les apparences. Il estime également que Zelensky cherche à tirer parti de la situation.
Le risque d’un « piège de la diplomatie »
Vadym Denyssenko, auteur critique des décisions du gouvernement ukrainien, appelle Kiev à se méfier d’une entrée précipitée dans une phase de négociations. Dans un texte repris par Glavkom, il juge que Donald Trump pousse à l’ouverture de discussions, tandis que Vladimir Poutine pourrait y résister. Selon lui, l’Ukraine manque de stratégie face aux démarches des deux capitales.
Denyssenko reproche notamment à Kiev d’attendre le 3 novembre, sans que cette échéance constitue, à ses yeux, un plan politique. Il avertit que Trump restera président après cette date et estime qu’espérer son affaiblissement ou une éventuelle destitution ne saurait tenir lieu de stratégie.
Des craintes de fractures internes
Le débat ne porte pas seulement sur les pressions extérieures. Valériy Pekar, militant cité par Glavkom, défend l’idée que les marges de compromis sont étroites lorsque les Ukrainiens veulent vivre et que leur voisin, selon ses termes, souhaite leur mort.
Dans Gazeta.ua, le politologue Mykhaïlo Basarab met en garde contre un accord qui serait conclu sous la pression internationale et intérieure. Il redoute aussi un arrêt de l’aide internationale et une possible guerre civile. Selon lui, la signature d’un accord de paix dans les circonstances actuelles pourrait provoquer un conflit entre les dirigeants politiques et militaires et une partie de l’armée ukrainienne. Il s’agit de son appréciation du risque, et non d’un événement présenté comme acquis.
Les réactions rapportées illustrent ainsi les inquiétudes de certains commentateurs ukrainiens face à la perspective de négociations. Entre l’ouverture de Zelensky à un gel du front et l’éventualité de discussions en novembre évoquée par Moscou, les questions soulevées portent sur la stratégie de Kiev et sur les conséquences qu’un éventuel accord pourrait avoir dans le pays.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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