
Vente directe de viande au supermarché : « C’est une fierté pour les éleveurs, une vraie valorisation »
Valoriser les circuits courts. C’est le pari d’un gérant de supermarché de l’Aisne et de plusieurs agriculteurs après leur mobilisation contre l’accord avec le Mercosur à l’hiver dernier. Un nouvel éleveur de bovins va bientôt bénéficier de cette vente directe qui permet de contrôler la traçabilité de produits vendus.
Le projet d’accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne, finalement signé le 17 janvier dernier, a provoqué des mois de contestations dans le monde agricole. Les agriculteurs ont organisé des blocages de routes et des contrôles dans les supermarchés pour vérifier l’origine des denrées alimentaires, inquiets de la concurrence déloyale.
En janvier, Stéphane Lorget, éleveur à Latilly dans l’Aisne, a interpellé les magasins sur la provenance des aliments lors d’une de ces manifestations. C’est alors qu’il a rencontré le gérant du magasin Super U de Charly-sur-Marne, qui a conduit à un partenariat.
La viande de bœuf de l’éleveur, soit 800 kilos de vaches charolaises, sera désormais vendue au supermarché voisin, situé à 30 kilomètres de sa ferme. Pour un kilo de carcasse, le magasin lui verse 8,50 euros, soit un euro de plus que lors d’une vente classique. Stéphane Lorget souligne : « Dans le circuit traditionnel, on sait où la bête est abattue mais on ne sait pas où elle est découpée et vendue. Désormais, je maîtrise tout de A à Z. »
Le boucher du supermarché, Florian Belvaux, valorise également cette approche en visitant régulièrement l’éleveur pour vérifier le bien-être des animaux. Il déclare : « Ces viandes n’ont pas subi un trajet long et n’ont pas de nerfs ni de gras. Elles sont propres. »
Au rayon boucherie, la mise en avant des produits a déjà commencé, avec des étiquettes informant le consommateur sur l’origine. Nicolas Bellon, le gérant du Super U, indique : « Nous proposons la viande quatre à cinq euros moins cher le kilo qu’une marque nationale. C’est une économie injectée pour le pouvoir d’achat des consommateurs. »
Le gérant espère développer ce circuit court et vendre 70 % de steaks hachés issus du local en vente directe, avec l’exigence que les animaux soient nés et élevés dans un rayon de 80 km autour du magasin.
Source : France Télévisions




